Offensive n°12

Offensive n°12, décembre 2006

Sommaire

– Combattre la précarité ensemble
– S’autogérer, de l’impossible au possible
– Paysages du sexisme ordinaire
– Bienvenue dans une monde de mouchards…
– La révolte d’Attica
– Entretien : La révolte luddite
– Livres, Musique, Arts vivants, Cinéma

Dossier « Intégration, entre mise au pas et apartheid social »

Le tourisme est un phénomène de civilisation. Il se développe alors que le monde que  s’industrialise et s’urbanisation. Il accompagne l’essor des moyens de transport et la diffusion du mode de vie occidental.

Dans une société polluée et agressive, les individus stressés et oppressés par un travail rationalisé cherchent une compensation thérapeutique. Le monde idéalisé, épargné des ravages de la société industrielle que promeuvent les  voyagistes les attire. Ils ont soif d’exotisme et de dépaysement. Ils veulent jouir d’une  pureté originelle fantasmée. Pourtant, l’industrie touristique vend ce qu’elle contribue à
détruire, « le touriste ne doit pas être là où il veut aller ». Le monde est alors mis en production et les villes se transforment en musée et les campagnes en parcs d’attractions géants. Tout se consomme, la nature comme les humains. Le marché globalisé des corps et des espaces se généralise, plus aucune zone ne doit être préservée. Au contraire, plus une zone apparaît protégée, plus elle attire, car la recherche d’authenticité est devenu le leitmotiv de l’industrie touristique. Des peuples se retrouvent ainsi folklorisés par ceux là même qui les ont déculturés et ont entraîné des désordres sociaux irréversibles (introduction de l’argent, destruction des modes de production traditionnels, exode rural,  etc.).

Cette horreur touristique ne concerne pas que les pays du Sud. Elle touche l’ensemble du monde et les flux se diversifient. La mise en concurrence des espaces est globale. Chaque continent, chaque pays, chaque région tente de ramener le maximum de touristes sur son territoire. Certains profitent d’une nature attirante, de la présence de la mer ou d’un patrimoine culturel riche alors que d’autres construisent de toutes pièces ce qui pourrait les rendre attrayantes. Cette «touristification» participe de la spécialisation des territoires et du déploiement de monocultures qui déstructurent les sociétés.
Le touriste lui-même, en partie responsable de cette situation, devient une marchandise que l’on échange et qui doit dépenser ce qu’il a durement gagné tout au long de l’année. Il recherche les prix les plus bas, ce qui lui permet, non pas d’économiser, mais de faire plus de voyages. Il détruit encore un peu plus ce qu’il est venu chercher. Le tourisme est bien un phénomène total étroitement lié à une société carnivore.

– De l’État-nation à la domination impériale. L’intégration, entre mise au pas et apartheid social
– Du registre à la puce. brève histoire des papiers d’identité
– Nous ne sommes pas que de passage. Retour sur l’immigration italienne
– L’idéologie multiculturaliste
– Le mythe de l’intégration
– La fin du nomadisme ? Les Roms et l’élargissement de l’union européenne
– Soutenir les sans-papiers et être révolutionnaire
– Les sous-sols de l’intégration. Foutre le souk, exister

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Offensive n°11

Offensive n°11, septembre 2006

Sommaire

– On mine la technologie à Grenoble !
– N’ingérons pas la cogestion !
– À propos de l’histoire universelle de Marseille
– La langue de tous les possibles. Brève histoire du mouvement ouvrier espérantiste
– Psychiatrie algérienne et antipsychiatrie
– Entretien : La Commune de Paris
– Livres, Musique, Arts vivants, Cinéma

Dossier « On hait les champions »

Le tourisme est un phénomène de civilisation. Il se développe alors que le monde que  s’industrialise et s’urbanisation. Il accompagne l’essor des moyens de transport et la diffusion du mode de vie occidental.

Dans une société polluée et agressive, les individus stressés et oppressés par un travail rationalisé cherchent une compensation thérapeutique. Le monde idéalisé, épargné des ravages de la société industrielle que promeuvent les  voyagistes les attire. Ils ont soif d’exotisme et de dépaysement. Ils veulent jouir d’une  pureté originelle fantasmée. Pourtant, l’industrie touristique vend ce qu’elle contribue à
détruire, « le touriste ne doit pas être là où il veut aller ». Le monde est alors mis en production et les villes se transforment en musée et les campagnes en parcs d’attractions géants. Tout se consomme, la nature comme les humains. Le marché globalisé des corps et des espaces se généralise, plus aucune zone ne doit être préservée. Au contraire, plus une zone apparaît protégée, plus elle attire, car la recherche d’authenticité est devenu le leitmotiv de l’industrie touristique. Des peuples se retrouvent ainsi folklorisés par ceux là même qui les ont déculturés et ont entraîné des désordres sociaux irréversibles (introduction de l’argent, destruction des modes de production traditionnels, exode rural,  etc.).

Cette horreur touristique ne concerne pas que les pays du Sud. Elle touche l’ensemble du monde et les flux se diversifient. La mise en concurrence des espaces est globale. Chaque continent, chaque pays, chaque région tente de ramener le maximum de touristes sur son territoire. Certains profitent d’une nature attirante, de la présence de la mer ou d’un patrimoine culturel riche alors que d’autres construisent de toutes pièces ce qui pourrait les rendre attrayantes. Cette «touristification» participe de la spécialisation des territoires et du déploiement de monocultures qui déstructurent les sociétés.
Le touriste lui-même, en partie responsable de cette situation, devient une marchandise que l’on échange et qui doit dépenser ce qu’il a durement gagné tout au long de l’année. Il recherche les prix les plus bas, ce qui lui permet, non pas d’économiser, mais de faire plus de voyages. Il détruit encore un peu plus ce qu’il est venu chercher. Le tourisme est bien un phénomène total étroitement lié à une société carnivore.

– Un opium du peuple
– Aux origines du sport
– Sport-business, un pléonasme
– Le sourire des volontaires sera la meilleure carte des JO de Pékin »
– La performance avant tout. Sport et entreprise, mêmes valeurs
– Le sport rouge. Une stratégie de développement du capitalisme
– Critiquer le sport sans totem ni tabou
– Le sport en chemise noire. Le sport sous l’Italie de Mussolini
– Le sport contres les femmes
– Le corps sportif. Support et incarnation d’une utopie totalitaire
– Quelle intégration par le sport ? De l’apprentissage de la soumission
– Gagner n’est pas jouer

Le dossier de ce numéro a été publié aux Éditions l’Échappée dans l’ouvrage « Divertir pour dominer » (encore disponible en librairie)

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Offensive n°10

Offensive n°10, mai 2006

Sommaire

– Grève sensée à Censier
– Quelques éléments de réflexion sur le mouvement social
– Même pas mort, à propos des classes sociales
– Masala patriarcat, c’est pas du cinéma!
– Entretien : RAF, guérilla urbaine en Europe occidentale

Dossier « L’impérialisme scientifique »

La lutte contre la maladie et la faim est l’alibi de la science contemporaine. Pourtant, son utilité se révèle sous deux aspects. Alliée objective des puissants, elle leur permet de justifier l’état du rapport de domination social par des arguments de nécessité. C’est ainsi que les populations réfractaires au nucléaire se voient qualifiées de «radiophobes». La science remplace depuis deux siècles la divine providence (c’est-à-dire la fatalité) et justifie l’inéluctabilité de l’oppression (mais si, puisqu’on vous dit que l’infériorité du cerveau
féminin est prouvée scientifiquement…).

Loin d’être un pur savoir désincarné, elle est production de connaissances à partir de techniques, ce qui a pour effet de la rendre facilement transposable dans le champ de la production sociale. La science procure un pouvoir énorme de transformation du réel : elle a d’ailleurs créé le monde dans lequel on vit aujourd’hui. Aucunement opposée à la guerre (depuis 1945 au moins), la science est largement produite par et pour des besoins militaires. Ses retombées sont évidemment loin d’être neutres, et une bonne part des artefacts de notre quotidien (ordinateurs, téléphonie, gestion rationalisée des données, etc.) est justement issue de recherches militaires visant la plus pure efficacité

Pour sauvegarder l’avenir de la planète, prévenir de nouvelles guerres ou espérer vivre dans une société libérée, il faut nécessairement en finir avec le délire scientiste et commencer à se réapproprier notre monde et nos modes de vie. Seul l’arrêt de la recherche scientifique et industrielle peut laisser croire en un univers vivable sur le long terme.

– Paradoxe sur la science homicide
– La science, c’est la guerre
– La bombe atomique et vous
– Le mythe de la science pure
– Biométrie
– Des crédits, pour quoi faire ?
– Grignoble, mégapole nécrotechnologique
– La marchandisation de la biologie
– Quand les scientifiques critiquaient la science

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Offensive n°9

Offensive n°9, février 2006

Sommaire

– Quand l’éducation devient marchandise
– À propos du temps de cerveau disponible
– Faire sa fête…/Biométrie
– Quel regard sur le corps des femmes?
– INAvouable privatisation?
– Les montagnards contre…
Libération, de Sartre à Rothshild, entretien avec Pierre Rimbert

Dossier « Culture de classe ou (in)culture de masse »

Après la grande crise de 1929 et, surtout la fin de la Seconde Guerre mondiale, les classes dominantes ont établi la reproduction du système capitaliste dans les métropoles  impérialistes, sur le consensus plus que sur la répression et la force brute –tout du moins pour le plus grand nombre. Leur instrument a été le développement d’une culture de masse mise en oeuvre par des industries culturelles de plus en plus intégrées verticalement et directement liées à de grandes entreprises transnationales. Dès les années cinquante aux États-Unis (soixante pour la France) apparaissent de concert l’idée d’une société de loisirs à laquelle aspireraient des classes moyennes constituant le noyau central d’une société de capitalisme régulé, dépassant les « vieilles idéologies» de la lutte de classe et du socialisme.

Aujourd’hui, une concentration encore plus massive des industries culturelles qu’accompagne les reculs de l’Etat keynésien, promoteur d’une sorte d’économie mixte dans la culture, ne laisse d’autre perspective, une fois l’ennemi principal identifié, que de lutter pied à pied pour la construction d’espaces autonomes reprenant la vieille idée d’une culture autonome faite par et pour les dominés.

Des Bourses du travail d’avant 1914 aux Centres sociaux d’aujourd’hui, le besoin d’une contre-culture des dominé-e-s se fait toujours sentir pour impulser, ici et maintenant, des pratiques de rupture aussi bien dans les têtes que dans la vie quotidienne.

– Culture de masse contre culture populaire
– La culture aux mains des multinationales
– Du rôle des loisirs culturels…
– La culture prolétarienne et sa négation
– À propos de la littérature prolétarienne
– Les athénées libertaires
– La culture du vivre ensemble
– L’expérience des centres sociaux
– Bienvenue dans notre Quilombo!

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Offensive n°8

Offensive n°8, décembre 2005

Sommaire

– Du sexisme en milieu militant
– Choisir ou être libre
– Le RMA ou comment délocaliser sur place
– Combattre la précarité
– Mâle et fiers de l’être
– Entretien : Nous sommes tous du gibier de prison

Dossier « Libérez les enfants ! »

L’enfance n’est pas une évidence, c’est une institution. Les plus jeunes font l’objet d’une  domination qui nous apparaît si « naturelle », qu’on oublie leur condition d’opprimés. A  l’heure où le capitalisme fait son profit sur le dos des petits travailleurs, que le marketing se jette sur les « enfants-proies » des pays riches, où l’idéologie sécuritaire conduit à  surveiller et punir les mineurs comme jamais, où les idées les plus réactionnaires refont surface (retour à l’autorité paternelle, apologie de la sacro-sainte famille, pédagogie fondée sur l’humiliation…), il nous semble urgent de réaffirmer la dimension politique de l’oppression subie par les enfants. Qu’ils soient piétinés ou mis sur un piédestal, les enfants sont niés et n’ont pas la possibilité d’exister par eux-mêmes. Ils sont ce que leurs parents, l’école, l’Etat, le marché, bref, la société des adultes attendent d’eux. Les critiques de l’autorité, de la famille et de l’école formulées il y a une trentaine d’années, dans la lignée de la lutte antipatriarcale, ont conservé toute leur sève. Réapproprions-nous les pour remettre en question cet « âge d’or » qui n’est rien d’autre que l’âge de toutes les oppressions. Vouloir éliminer une société basée sur la domination implique de s’attaquer à sa racine : le fait que le début de la vie se confonde avec l’expérience du mépris et de l’infériorité.

Si l’on veut faire s’écrouler le patriarcat, le capitalisme et toutes les oppressions, il faut refuser de faire de l’enfance le temps d’apprentissage de la soumission et de normes violentes. Et oser imaginer une société où adultes et enfants soient considérés comme des individus libres, capables de penser et de créer.

– L’invention de la catégorie enfance
– L’apprentissage de la soumission
– L’âge de toutes les dominations
– Le carcan familial
– La solitude des enfants
– L’enfant roi… de la consommation
– Dans le ventre de l’ogre
– Une république éducative
– Pour une autre enfance

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Offensive n°7

Offensive n°7, septembre 2005

Sommaire

– Exploitation, domination : patriarcat basta !
– Crédits à la soumission ?
– Changer le monde ou en créer d’autres ?
– Comment la pub a mondialisé la Pologne
– Pour en finir avec le sexisme
– Livres, Musique, Arts vivants, Cinéma

Dossier « Guerres contre-révolutionnaires »

L’État dispose d’énormes pour maîtriser, affaiblir ou éliminer les « subversifs ». Pourtant lorsqu’elles se sentent en danger, des franges de la bourgeoisie recourent à des stratégies contre-révolutionnaires hors de tout cadre légal, souvent au nom de la défense de la démocratie. Cette « contre-insurrection » s’oppose à un mouvement populaire de libération réel (social ou national), son intensité étant proportionnelle à la menace. Parfois le danger est fantasmé et construit par un appareil de propagande qui qualifie ses attaques de « préventives ».

En Europe et en Amérique du sud, principales zones traitées par ce dossier, l’anticommunisme est le moteur principal de l’anti-subversion. Des temps forts se dégagent : la Libération et la puissance de Partis communistes européens, les luttes anticolonialistes, la résurgence des mouvements révolutionnaires dans es années 60 et 70, etc. Ce que nous appelons « guerres contrerévolutionnaires » revêt des formes diverses. En Italie et en Belgique (année 70 et 80), la « stratégie de la tension» vise à terroriser les peuples pour durcir l’appareil répressif et permettre aux franges les plus réactionnaires de la bourgeoisie de prendre le pouvoir. Au Mexique (actuellement), le gouvernement tente d’étouffer le mouvement zapatiste par une guerre de basse intensité où des milices paramilitaires jouent le rôle de bras armés des grands propriétaires. Dans plusieurs pays d’Amérique latine (Agentine, Chili, etc. dans les années 70), la politique du pouvoir en place vise à éliminer, dans un climat de guerre permanente, toutes formes de résistance, même les plus modérées. Si le poids des « anti-subversifs » au sein de l’État varie, le fond idéologique et la nature de leurs méthodes restent les mêmes. D’ailleurs, comme le montre Marie-Monique Robin dans son livre Escadrons de la mort, on retrouve souvent les mêmes hommes d’un pays à l’autre ils constituent dans les années 60-70 une véritable nébuleuse. Le Plan Condor constitue la forme la plus aboutie de coopération inter-étatique.

Malgré cela, nous refusons d’adopter une vision complotiste du monde. Bien sûr, ces réseaux pèsent dans les sociétés, qu’ils soient, cas extrême, au sommet de l’État ou de simples supplétifs du pouvoirs et des hommes en place. Ils défendent des systèmes politiques et économiques qui bien souvent se passent d’eux – en Europe, l’extrême droite n’est plus aujourd’hui d’une grande utilité pour les bourgeoisies. Ces méthodes de basse police ne sont pas non plus infaillibles et se retournent parfois contre leurs commanditaires (affaire du Rainbow warrior par exemple). Quand le contexte s’y prête, elles sont toutefois d’une redoutable efficacité.

– Escadrons de la mort, l’école française. Entretien avec Marie-Dominique Robin
– Barbouzes au pays des droits de l’Homme
– Gladio, l’Otan contre le peuple
– Le Gal, les égouts de la démocratie
– Belgique, la victoire des tueurs
– El Condor passa
– Chiapas, quand la militarisation sert les intérêts des multinationales

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Offensive n°6

Offensive n°6, avril 2005

Sommaire

– L’idéologie sportive
– Pas d’Accor pour être exploité-e-s
– Lutter contre la précarité
– Une étincelle dans la nuit irakienne
– Bolivie, vive la rév-eau-lution
– Histoire désordonnée du MIL
– Souvenirs-souvenirs : quand les gauchos écrivent leurs mémoires…
– Livres, Musique, Arts vivants, Cinéma

Dossier « Homo publicitus »

La publicité n’est pas un excès du système capitaliste, mais son développement nécessaire: elle est indispensable à son bon fonctionnement. Pour que le règne de la marchandise soit sans partage, il faut cloisonner la production et la consommation. Ainsi, nul-le ne peut plus alors prétendre avoir le moindre contrôle sur ses moyens d’existence quotidiens. La publicité accentue cet abîme et crée un mal-être identitaire.

«Vous avez l’impression d’être comme tout le monde? Consommez ceci, vous serez différent. » Le problème est que la consommation est par définition un phénomène de masse, qui homogénéise les individu-e-s. D’où cette tristesse généralisée qui se propage chaque jour un peu plus.

La publicité sert justement à faire coïncider la masse des productions capitalistes avec les besoins humains, quitte à les segmenter, les assujettir ou même les créer si nécessaire. La pub pénètre ainsi les consciences depuis le lieu où elles se construisent, s’orientent et se rencontrent: l’espace politique des aspirations collectives. La publicité est la nouvelle utopie, elle est le fleuron le plus abouti de l’arsenal capitaliste de domestication.

Plus question de rêver au «grand soir », car l’important est de vivre cette vie « cool », « hype » ou « extrême » vantée par telle marque de chaussures ou telle boisson gazeuse. Les utopies politiques meurent, assassinées et remplacées par l’individualisme grégaire de la consommation publicitaire. Penser la contestation antipublicitaire, c’est penser la lutte anticapitaliste, mais aussi les luttes antisexiste, antiraciste ou anti-âgiste, tant la publicité fait le lit de toutes les oppressions.

– La pub sans histoire
– L’industrie de promotion de l’industrie
– Les sciences humaines, un allié précieux
– La réalité unique, une nouvelle idéologie
– Dessins animés : de la pub entre les pubs…
– Consommation aliénation
– L’hypnose publicitaire ou la perte du regard
– Le logo ou la marchandise transformée en personne
– La contestation marchandisée

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Le dossier de ce numéro a été publié aux Éditions l’Échappée dans l’ouvrage « Divertir pour dominer » (encore disponible en librairie)

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Offensive n°5

Offensive n°5, janvier 2005

Sommaire

– Gaïa, une vision pour l’écologie
– Lobby pharmaceutique et Codex Alimentarius
– Q comme politique : histoire d’un collectif transpédégouine
– Quand la propagande nous irradie
– Entre villes et campagnes, le pari précaire de la co-production
– Le pensée de Foucault, interview de Mathieu Potte-Bonneville
– Livres, Arts vivants, Musique, La société informatisée à l’écran

Dossier « Au service du public »

Les luttes pour la défense des services dits « publics » font partie des incontournables de la contestation globale de l’ordre marchand. Issues essentiellement du monde syndical avec les premières privatisations, elles sont reprises de plus en plus par la mouvance altermondialiste, notamment depuis la révélation de l’Accord multilatéral sur l’investissement en 1997 annonçant le laminage définitif des secteurs d’activité publics. De même, leur maintien est régulièrement l’enjeu des populations rurales pour enrayer la désertification.

Mais parfois, ils posent question… Quand une ligne à haute tension, un TGV ou une centrale nucléaire viennent flinguer l’environnement. Quand lesdits services ne sont accessibles qu’aux nantis et organisés unilatéralement dans l’intérêt des industriels ou du business. Quand les exigences de rendement de ses salarié-e-s court-circuitent les missions d’intérêt général. Quand il est impossible d’infléchir, d’intervenir dans les processus de décision, dans leurs orientations.

Alors, au service du public ou au service du marché ? L’État est-il le lieu indépassable du compromis social et l’expression suprême de l’intérêt général ? Le fonctionnariat est-il la Byzance du salariat ? Comment penser collectivement l’intérêt public, quelle alternative au centralisme « démocratique » ? Démythifier les « bienfaits naturels » des services publics, en montrant toute l’opacité décisionnelle et l’ambiguïté économique qui les travaillent est essentiel pour capter les aspects qu’il nous semblent pertinents de se réapproprier, de déconstruire, de revendiquer, de contester, de dépasser.

– Au service du public…
– Ne pas opposer les services publics et marché
– L’État aux mains des libéraux
– Pour un statut d’intérêt général
– Une recherche bien opaque…
– Bibliothèques publiques pour intérêts privés
– Quand le mouvement ouvrier ne défendait pas le service public
– Repenser les services publics
– Élargir la lutte
– Repenser l’utilité sociale

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Offensive n°4

Offensive n°4, octobre 2004

Sommaire

– Quand l’effet dessert l’humain
– La perte des milieux éducatifs
– Irak, al Qaïda, terrorisme, etc.
– Sekigun, histoire de l’armée rouge japonaise, interview de Michaël Prazan
– Arts vivants, Édition, Livres, Les sans-papiers à l’écran

Dossier « Genre et sexualité »

La libération sexuelle aurait eu lieu. Bel alibi pour permettre à l’économie du sexe de rattraper le retard qu’elle avait sur les autres domaines industriels. Pas une publicité qui ne mette en avant des femmes nues pour vanter les mérites d’un yaourt ou d’une voiture, pas un seul spot qui ne vante une boisson sans jouer sur l’ambiguïté du plaisir qu’elle procure : le sexe (hétérosexuel et mâle) devient la forme par excellence du plaisir et du désir. Il n’y aurait de désir et de plaisir que sexuels: il faudrait jouir facilement, intensément et fréquemment. « Tout de suite, et dès que je le veux » : la sexualité est entrée à l’ère de la consommation. Mais la consommation n’est pas égalitaire : entre ceux qui payent et celles qui posent, entre ceux qui achètent et celles qui se vendent, il y a un fossé que les médias creusent chaque jour. Le corps des femmes est présenté comme un objet de plaisir. Un objet, c’est le message.

Cependant, les hommes non plus n’échappent pas au rouleau compresseur des nouvelles normes de beauté et de comportement. De Jean Gabin à Brad Pitt, la beauté masculine se serait efféminée. Ce qui est sûr, c’est que les multinationales espèrent bien faire grimper les chiffres de vente des produits de beauté masculins au niveau des profits colossaux générés par l’industrie cosmétique féminine. Mais si la sexualité est toujours le lieu d’inégalités, ce n’est pas le simple fait du capitalisme, qui prolifère sur le terreau du patriarcat, mais bien la conséquence logique de la domination masculine. Les représentations sociales de la sexualité sont incroyablement pauvres, dominatrices et hétérosexistes, alors que le corps en son entier peut être un terrain de jeu sans pareil et que le plaisir, c’est l’Autre dans toutes ses dimensions, quel que soit son sexe.

L’ignorance qu’ont les femmes (et les hommes) de leur corps est une source de souffrances et de frustrations. S’il est indispensable de rappeler que nul-le ne doit nous libérer, et que l’émancipation sera l’oeuvre des seul-e-s opprimé-e-s, il est tout aussi indispensable de questionner les modèles de libération qui nous sont proposés.

– L’instinct sexuel n’existe pas
– Problèmes sexuels et problèmes sociaux
– Des constructions sexuelles différenciées
– L’humanitarisme républicain contre les mouvements homos
– Les lesbiennes jouissent sans entraves
– La queer, puzzle des identités sexuelles
– Genre et homophobie
– Le corps, entre exhibition et mépris
– Le sado-maso, entre mythe et réalité
– Le spectacle du sexe
– Corps marchandise

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Offensive n°3

Offensive n°3, été 2004

Sommaire

– L’hôpital du capital
– Égalité des droits ou abolition des privilèges
– Les femmes ont toujours travaillé mais…
– Détruire la pub
– Guerre intérieure aux États-Unis
– Le néo-colonialisme franco-africain, entretien avec F-X. Verschave
– Au-delà du commerce équitable
– Musique, Arts vivants, Livres, La travail à l’écran

Dossier « L’emprise technologique »

« Le moulin à bras vous donnera la société avec le suzerain, le moulin à vapeur vous donnera la société avec le capitaliste industriel », écrivait déjà Marx dans sa « Misère de la philosophie ». La technique n’est pas, contrairement à ce que l’on nous rabâche chaque jour, un phénomène neutre et contrôlé. D’une part elle induit des valeurs, des comportements, et donc des fonctionnements sociaux; d’autre part elle échappe souvent au contrôle des humains qui l’ont développée initialement.

L’apparition de la technique est concomitante de celle de l’être humain : les deux naissent simultanément. Elle n’est donc pas le pur produit de l’humain, mais ce qui le définit aussi. Dès lors, son emprise sur nos sociétés est déterminante. À un certain système technique correspondra une forme particulière d’organisation sociale. À l’état actuel des technologies correspond la forme contemporaine du capitalisme mondialisé. La technique, en lien avec la science moderne, forme un système qui nous dissout un peu plus chaque jour. Bien que l’ère atomique, et avec elle la possibilité d’un anéantissement de l’humanité, soit largement entamée, l’emprise technologique va toujours grandissante.

La technique n’est ni neutre, ni maîtrisée sur le long terme. Tout comme les dimensions politiques, économiques ou sexuelles de nos sociétés nous déterminent, sont mises en causes et bouleversées par nos luttes, la part technique grandissante de nos vies doit être interpellée, questionnée et battue en brèche pour que le péril technologique conjugué au péril écologique nous guettant soit refoulé. Au côté des luttes anticapitalistes, antipatriarcales, antiautoritaires… doit se mener un combat antitechnicien pour faire reculer faire reculer l’emprise technoscientifique sur nos vies.

– Le mythe de la neutralité
– Technologie et société industrielle
– Le contrôle numérique 18
– L’impérialisme technologique
– L’enjeu du siècle ?
– Les critiques de la technique
– Science et pouvoir, entretien avec Isabelle Stengers
– No future ?
– Pour un nouveau rapport aux objets techniques

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