Offensive n°22

Offensive n°22, mai 2009

Sommaire

– Désobéissance pédagogique
– Femmes : le désir censuré. Témoignage du Réseau alternative féministe
– Noir et rouge. Rencontre avec Jean-Pierre Duteuil
– Les IWW : un type nouveau de syndicalisme (Howard Zinn)
– Luttes sous haute tension
– Grèce générale. Au-delà de la mythologie grecque
– Nous sommes la mauvaise conscience de la société
– Résister dans son quartier : le centre social autogéré de la Croix-Rousse
– Livres, Musique Arts vivants, Cinéma

Dossier « Ruralités, nous voulons la terre ! »

Alors que 90 % de l’humanité vivaient encore dans les campagnes en 1900, la moitié de la population mondiale habite désormais en ville et il semble que ce phénomène soit appelé à s’accentuer encore au cours des décennies à venir. Dans cette évolution, dont le développement du capitalisme industriel semble être à la fois la cause et l’effet, la perte des formes traditionnelles de l’agriculture paysanne s’accompagne de la disparition de tout un ensemble de gestes et de savoir-faire propres à la paysannerie et à l’artisanat, qui étaient les garants d’une autonomie matérielle et d’un certain rapport à la communauté reposant sur l’entraide et le partage, mais également sur une inébranlable volonté d’indépendance. C’est encore une conception de l’économie qui disparaît, basée sur l’épargne et la sobriété, ainsi que sur l’autosubsistance du foyer ou du village. C’est enfin un rapport à la nature et au monde qui reposait sur le souci de maintenir ce qui est, de le transmettre et de le faire fructifier.

L’enjeu actuel est donc de préserver là où ils subsistent ces gestes, ce rapport à la communauté, à l’économie et au monde, et de les retrouver là où ils ont été laminés. Mais, au préalable, il faut en finir avec l’idée selon laquelle mettre en avant les vertus de la paysannerie et de l’enracinement serait une attitude nécessairement rétrograde, voire pétainiste. D’ailleurs, lorsqu’il était fortement implanté dans la ruralité, le mouvement ouvrier a donné de nombreux exemples de cet esprit d’indépendance et des fortes traditions d’autogestion communautaires dont il s’était imprégné.

Aujourd’hui, un certain nombre de personnes quittent les mégalopoles et expérimentent un retour à la terre. Elles la travaillent souvent collectivement, occupent et rénovent des maisons abandonnées dans les villages. Inversement, des citadin-e-s créent dans leurs quartiers des Amap ou des jardins partagés. N’est-ce pas l’amorce d’un nouveau rapport à la ruralité, qui prépare la voie à des échappées hors du monde actuel, en attendant une possible transformation sociale qui réinstaurerait un équilibre et des liens durables entre villes et campagnes ?

– Ruralité : état des lieux, état des luttes
– Pour une civilisation du noble geste
– Quitter la terre, pourquoi, pour qui, pour où ?
– L’exode rural… vers les bidonvilles
– Les origines rurales du socialisme prolétarien
– Le retour à la terre, un slogan pétainiste ?
– Mains à plume, mains à charrue. Les écrivains paysans
– À quoiqu’v’s’ êtes bons ? À vous met’ en grève ! Z’avez pas été foutus d’rester à la terre
– Comment on fait son pain… Autonomes matériellement, libres politiquement
– Néo-urbains ?
– Cévennes : les vallées du capitalisme vert
– Un monde agricole vivant et dynamique
– La forêt est à nous !

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Le dossier de ce numéro a été publié aux Éditions l’Échappée dans l’ouvrage « Construire l’autonomie » (encore disponible en librairie)

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Offensive n°21

Offensive n°21, février 2009

Sommaire

– Les luttes continuent…
– Marseille 2013, la culture comme ultime coup bas
– Informations et correspondances ouvrières. Rencontre avec Henri Simon
– « Le problème de la délinquance et de la criminalité » (Camillo Berneri)
– La bataille du rail : lutte pour les services publics dans le Quercy
– Mexique : colombianisation, loi du plus fort et luttes sociales exemplaires
– La résistance par les ondes
– L’ère de la radio numérique où la fin annoncées de la FM
– Gruger ensemble : les mutuelles des fraudeurs
– Livres, Musique Arts vivants, Cinéma

Dossier « L’industrie de le punition »

Les groupes humains ont besoin de normes et de règles pour assurer une certaine cohésion sociale en leur sein. Celles et ceux qui transgressent ces règles sont considéré-e-s comme des déviant-e-s. Elles et ils sont ramené-e-s dans le « droit chemin » par la sanction ou la stigmatisation, ce que l’on appelle le contrôle social. Le contrôle social peut inclure la punition (ou la menace de punition), notamment l’enfermement. En Occident, on enferme depuis longtemps les « fous » et les pauvres mais, avec la prison moderne, l’enfermement s’est généralisé. La prison est censée dissuader, prévenir la récidive, punir et rééduquer, mais elle ne remplit qu’une seule de ces fonctions : punir. Elle a pour but de séparer l’ivraie du bon grain, en l’occurrence, les classes dangereuses des « honnêtes gens ».

Si la reconnaissance de la victime, du préjudice qu’elle a subi, est légitime, le système pénal, en opposant la victime à l’auteur-e des faits, annule toute possibilité de réparation. Il donne le sens de l’acte commis et le rétribue en années de prison. Les victimes, avec le système pénal, ne peuvent rien attendre d’autre que l’enfermement de celui ou celle qui lui a fait du tort.

La demande de sécurité de la population est évidemment légitime. C’est toutefois souvent au prix des libertés individuelles que la sécurité est définie, une sécurité qui ne remet bien évidemment pas en cause l’ordre capitaliste, patriarcal et raciste. Le droit prend de plus en plus de place dans notre société, la sphère de la pénalité s’étend. On a beau construire de nouvelles prisons, les places restent insuffisantes au regard de l’augmentation du nombre de faits pénalisés et de personnes condamnées, mais aussi de l’allongement de la durée d’enfermement.

Un véritable complexe carcéro-industriel se met en place. Les détenu-e-s ne sont plus systématiquement mis-es au travail, mais l’Administration pénitentiaire continue à les exploiter, tout comme les entreprises privées, qui trouve là une main-d’œuvre bon marché. Avec l’ouverture des prisons aux entreprises privées, c’est une véritable industrie carcérale qui se met en place et qui renforce la tendance répressive de nos sociétés contemporaines.

Certain-e-s parlent du passage d’une société d’enfermement à une société de contrôle. La prison serait vouée à disparaître. Pourtant, on en construit toujours plus, notamment pour y enfermer les mineur-e-s. Avec la multiplication des « alternatives à la prison » (le bracelet électronique, par exemple) et des mesures de contrôle (fichage, biométrie), on assiste plutôt à l’avènement d’une seconde forme d’enfermement, hors les murs.

Dans d’autres sociétés, les mesures pour punir ou éloigner les déviant-e-s diffèrent. Mais y a-t-il des alternatives au-delà du bannissement et de l’exclusion ? Est-il nécessaire de punir ? Qui fixe les règles ? Dans une société sans État ni système de domination, quelle réaction face à celles et ceux qui transgressent les règles communes ?

– La prison : un système politique et économique
– Éduquer entre quatre murs ?
– Le contrôle du genre
– Dynamiter collectivement le « grand renfermement ». L’institution psychiatrique en crise et en questions
– Vol au-dessus d’un nid de courroux
– « Gestion des détenu-e-s », disent-ils…
– Déviances, enfermement et punition
– Socialiser la police et la justice ?
– Hors les murs. Le contrôle : une réduction ou une extension de l’enfermement
– Penser l’abolition de la prison

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Offensive n°20

Offensive n°20, décembre 2008

Sommaire

– De nouvelles formes de conflictualité sociale
– Nudité des femmes : liberté ou contrôle ?
– Socialisme ou Barbarie ?
– Histoire Matériaux pour un « contre-manifeste individualiste-révolutionnaire »
– Contre le TGV
– Y a-t-il une Chine après les Jeux Olympiques ?
– Entretien : L’Association, la bande dessinée qui sort des cases
– Alternatives : La Rôtisserie, solidarité au menu

Dossier « Tant qu’on a la santé ! Médecine et soins à l’ère du technolibéralisme »

Définie par l’OMS comme « un état de complet bien-être physique, social et mental », la santé est de plus en plus réduite à la simple absence de maladie ou d’infirmité. Les maladies professionnelles n’ont jamais été aussi répandues, le nombre de cancers environnementaux explose et les laboratoires pharmaceutiques planifient tranquillement la médicalisation de l’ensemble de la population (des bambins suractifs aux vieux et vieilles assignés en maisons de retraite), mais la médecine moderne continue d’apparaître comme un savoir providentiel, seule réponse possible aux souffrances mentales et physiques. Au « prendre soin » originel s’est substitué le « faire fonctionner » scientifique, qui ne voit dans le corps humain qu’une simple machinerie à entretenir : catégoriser les symptômes et les douleurs, rationaliser l’hôpital et quantifier les soins, pour balayer au final d’un revers de blouse blanche toute velléité d’autonomie, qu’il s’agisse de corps malades ou de praticiens réfractaires aux réformes sanitaires. L’idéologie libérale d’un être humain – en droit – égal à ses semblables, mais – de fait – seul face à un système économique en quête perpétuelle de rentabilité, épouse parfaitement la toute-puissance rationalisatrice de la technologie : la dépossession des savoir-faire médicaux au profit des machines rejoint celle des savoir-être par l’industrie pharmaceutique et maintenant hospitalière.

À la perte d’autonomie des malades dans leur rapport à eux-mêmes s’ajoute les angoisses produites par une société atomisée où tout manquement aux impératifs d’efficacité et de productivité est le signe d’une faiblesse et donc d’un mal à traiter. Derrière cette techno-médecine et sa quête obsédée de l’immortalité se cache une profonde haine de l’humain, de son essence et de sa faillibilité. Puisque nous sommes tous des malades en devenir, initier la réappropriation de notre santé (autant que de nos maux) est indispensable pour espérer s’accomplir, non comme seuls « vivants », mais bien comme humains à part entière.

– L’hôpital public: mort sur ordonnance
– Le technolibéralisme, à l’assaut de l’hôpital
– La mort, la vie et la technologie
– Médecine moderne ne rime pas forcément avec santé
– Pourquoi j’ai quitté l’industrie pharmaceutique
– La médecine, cheval de Troie du posthumain
– Les vieux c’est nous
– Naître au pays
– Se doper pour vivre
– Devenir immortel

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Offensive n°19

Offensive n°19, septembre 2008

Sommaire

– Faut-il s’opposer à la propagande?
– Marcher la nuit…
– Plus lâche, plus cynique, plus cupide
– L’Espagne libertaire, loin des images d’Épinal
– Lettre d’un français aux roumains qu’on empêche de traire leurs vaches a la main
– Tous propriétaires, entretien avec Jean-Luc Débry
– Baluette, une expérience de vie collective en Ariège

Dossier :  Guerre, armement, militarisation… Foutez-nous la paix

Pour les dirigeants planétaires, le monde est une carte d’état-major bien quadrillée, parsemée de bases militaires, avec ses zones de guerre et ses zones pacifiées. Dans les unes, les armes parlent et le sang coule. Dans les autres, l’ordre militaro-sécuritaire fait régner la paix sociale sur le terreau de la peur. La généralisation de la paranoïa militaire et la culture qui l’accompagne (esthétique du treillis et de la voiture-tank, culte de la violence et de l’hyper-technologie) sont symptomatiques d’une société militarisée.

Dans la guerre, c’est toujours le peuple qui paye, soit par l’impôt qui finance l’armée, soit en nature : tueries, viols, famines, déplacements de populations, destructions massives, etc. Une fois la paix revenue, restent de nombreuses séquelles : corps mutilés et esprits traumatisés, pays en ruine, territoires pollués et parsemés de mines.

Au-delà de la condamnation morale du phénomène guerrier, une vision politique révolutionnaire ne peut faire l’économie d’une critique globale du système qui produit la guerre. Depuis le 11 septembre, le complexe militaro-industriel s’est transformé : la privatisation de l’armée et la course renouvelée aux armements et à la technologie ont donné naissance au système industriel militaro-sécuritaire.

Face à cette situation, les résistances à la guerre, bien que peu médiatisées, se poursuivent un peu partout dans le monde. Les populations autour des bases militaires, les femmes pacifistes luttant contre les exactions des hommes en armes, les objecteurs qui refusent encore et toujours la militarisation de la société, tous-toutes luttent contre l’ordre militaire.

L’antimilitarisme libertaire reste d’actualité en nous rappelant que la raison d’être de l’appareil militaire est la défense du pouvoir de l’État et des intérêts de la classe dominante. Il est grand temps de nous réapproprier les idées antimilitaristes pour nourrir nos analyses et nos luttes dans des domaines aussi différents que l’opposition à l’exploitation néo-coloniale, à l’emprise technologique, au saccage de la planète ou aux violences patriarcales. Par ailleurs, l’antimilitarisme conduit à une critique de l’État par laquelle il est nécessaire de passer pour qu’enfin cessent les guerres et que les oppresseurs nous foutent la paix.

– Le système de la guerre
– La privatisation de la guerre
– On n’arrête pas le progrès… militaire!
– La culture guerrière dès le berceau
– Bring the war home
– L’empire des bases militaires
– Le COT 81: trente ans d’antimilitarisme
– Des résistances au cœur de l’Europe
– Femmes contre la guerre
– Histoire fragmentaire des résistances à l’ordre militaire

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Offensive n°18

Offensive n°18 & Courant alternatif HS n°13, mai 2008

[numéro commun avec Courant alternatif]

Dossier « Spécial 68 Mai encore ! »

Mai 68 a été transformé en cliché. Son lieu serait unique, ses acteurs toujours les mêmes, ses formes identiques. Sur le cliché, on y voit les mêmes gestes : jetés de pavés et barricades, joutes oratoires et conflit de générations, jeunes qui s’embrassent dans le quartier Latin… Il est pourtant, comme tout mouvement, complexe et traversé de courants opposés. Dans ce paysage, les comités d’actions, les organisations politiques, le mouvement paysan sont portés disparus. Mai 68 devient l’affaire de vedettes, du ministre Kouchner à l’éditorialiste July. On préfère les historiettes où l’on se met en scène plutôt que de s’intéresser au comité d’action Citroën, à la stratégie des trotskistes ou des anarchistes…

Quel fut le rôle des syndicats ? L’impact des comités de base ? Pourquoi Mai 68 n’a pas réussi à renverser le capitalisme gaulliste ? Autant de questions si importantes à l’époque qui ne souffrent d’aucune analyse aujourd’hui. Des interrogations jugées désuètes. Car l’analyse de 68 n’existe qu’à travers les enjeux actuels. L’idée farfelue que l’on puisse changer le monde, faire la révolution est alors battue en brèche : un coup, on nous explique que « le contexte a changé, on était jeunes et fous », une autre fois que « l’échec de Mai 68 est de ne pas s’être transformé en conquête électorale » ou encore « qu’à l’époque, on ne se rendait pas compte que les vrais problèmes étaient dans le tiers-monde ». Autant de remarques qui balaient d’un coup les velléités révolutionnaires actuelles, la dénonciation en 68 de la sortie électorale proposée par De Gaulle (et avalisée par le PCF) et pour finir les luttes anti-impérialistes si intenses avant le joli mois de Mai.

Personne non plus pour souligner la place importante de la critique de la hiérarchie – du petit chef d’atelier aux enseignants en passant par les « pères-la-morale » – qui exprime le refus d’être un pion soumis aux desiderata du capitalisme. « Contrairement aux “révolutions” précédentes, ce n’est pas la superstructure politique qui a vacillé le plus, mais le fondement même de l’ordre social, l’autorité » explique Jean-Pierre Duteuil (Mai 68, un mouvement politique, Acratie, 2008).

En lisant ce qu’on nous conte sur 68, on ne sait pas non plus pourquoi des millions de personnes se sont mises en grève. L’article de Viansson-Ponté dans Le Monde du 15 mars 1968 « La France s’ennuie » (!) semble encore servir de base à la réflexion actuelle. Opportunément, on oublie de préciser que ce fut « l’unique insurrection “générale” qu’aient connu les pays occidentaux surdéveloppés depuis la Seconde Guerre mondiale » (Mai 68 et ses vies ultérieures, Kristin Ross, Complexe, 2005, p. 10). Personne – ou presque – pour parler des occupations d’usine de la Rodhiaceta à Besançon, des jacqueries à Caen qui secouent la France avant Mai. Quant à la « libération sexuelle », elle est réduite à une volonté de libertinage, en oubliant la critique de la famille triangulaire. En vidant Mai 68 de sa portée révolutionnaire, on ne parle plus d’opposition à la société capitaliste mais d’un événement conduisant la France vers la modernité, allant dans le sens de l’Histoire. Ainsi, on a habilement divisé le culturel du politique comme on sépare le bon grain de l’ivraie. Dans ce méli-mélo, on fait la part belle aux aspects culturels et festifs de 68 (tout en les vidant de leurs contenus subversifs). On interprète, on glose sur ses conséquences supposées sans en connaître les faits. On mélange tout : les luttes écologistes, la minijupe, l’antipsychiatrie… Tout est 68, et finalement 68 n’est plus rien.

Il était donc bien nécessaire que Courant Alternatif et Offensive s’associent pour éditer un numéro commun sur Mai 68 en s’emparant de toutes ces questions. Mai 68 nous intéresse parce que nous sommes militants, comme les révoltés du printemps 68, nous pensons qu’il est plus que jamais nécessaire d’en finir avec cette société capitaliste. Nous avons donc voulu, sans chercher des parallèles impossibles avec aujourd’hui, comprendre un événement de l’histoire révolutionnaire afin d’être mieux armés pour les luttes à venir.

Sommaire

Sous les pavés
– une lutte internationale (États-Unis, Allemagne, Italie, Pays-Bas, Espagne, Japon)
– Mexico 68, on ne méconnaît pas que le nombre de cadavres
– Tout allait bien ? La France avant 68
–  Des luttes ouvrières annonciatrices

Mai 68
– Ce n’est qu’un début… Du 2 au 13 mai, les luttes étudiantes
– Grève générale ! Du 14 au 24 mai
– Résistance à la reprise, du 25 mai à fin juin

L’imagination prend le pouvoir
– La terre à ceux qui la travaillent autour du mouvement paysan en 68 (interview de deux paysans nantais)
– Le comité d’action citroën
– Mai à Saclay, à propos de l’autogestion continuons le débat
– Mai 68 et ses vies ultérieures (interview de Kristin Ross)
– Des mythes à détruire
– 68-86 un mouvement étudiant peut en cacher un autre !
– Mai 68 en héritage
– De l’optimisme aveuglant
– Contre la commémoration

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Offensive n°17

Offensive n°17, mars 2008

Sommaire

– Spectrographie de l’esclavage
– L’informatique contre l’écologie
– Dissolution de la CNIL
– À propos de quelques eco-saboteurs
– Entretien : Quand la science construit le sexe

Dossier : Un commerce sans capitalisme

Et si le commerce et l’échange étaient indissociables de la création de véritables espaces de résistance ? Autant de niches d’expérimentation d’une société future – meilleure à l’évidence – que l’on retrouverait aux quatre coins du monde : des Cartoneros argentins inventant leur propre économie aux Diggers de San Francisco testant la gratuité, en passant par le trabendo des quartiers marseillais qui se joue de frontières cadenassées, sans oublier les utopistes anarchistes du XIXe siècle qui posèrent les prémices des coopératives ouvrières. Partout, on échange, on troque, on donne et on rend, on partage… bref, on résiste collectivement à une société capitaliste qui souhaite réduire le commerce à une simple accumulation de capitaux, avec comme seul médiateur l’argent.

Le rejet du commerce par l’extrême gauche, de manière générale, est empreint de cette confusion entre capitalisme et commerce. Il est vrai que dans un pays où six centrales d’achat traitent les échanges entre 60 millions de consommateurs et 400 000 agriculteurs-trices, il est difficile de penser le contraire ! Et Wal-Mart, multinationale de distri­bu­tion basée aux États-Unis, est désormais la plus grosse entreprise au monde, devant les firmes pétrolières.

On ne peut pas abandonner pour autant le commerce aux seuls trafiquants de profits. Comme aime à le rappeler Michel Besson, de l’association Minga, « il y a toujours eu des hommes et des femmes qui ont voulu échanger de manière respectueuse et sereine, tout simplement parce que c’est beaucoup plus agréable pour tout le monde de vivre sans se concurrencer, sans s’exploiter, s’arnaquer. L’équité dans les échanges fait partie de la culture de nombreuses sociétés à travers le monde ». Et c’est pour ça qu’aujourd’hui, au-delà du concept marketing du commerce équitable, il existe à travers le monde un foisonnement d’alternatives commerciales. Toutes plus étonnantes les unes que les autres, chacune avec ses limites, puisque composant avec la société capitaliste, elles proposent une autre manière de vivre ensemble. Parfois, ces alternatives échappent aux États centralisés, soucieux que rien ne subsiste hors de leur sphère de contrôle, et qui honnissent donc ces échanges « au noir », « informels », clandestins – qui ne comptent même pas dans le PIB ! Pourtant, et fort heureusement, ces expériences nous rappellent que le commerce, avant d’être un échange de marchandises, est aussi un échange humain, un mode de relation entre des personnes. Un échange d’où peut naître l’émancipation…

– Un commerce équitable est-il possible ?
– La mondialisation près de chez nous
– Exploitation à tous les rayons
– Le café équitable est bien soluble dans le capitalisme
– Les chemins sinueux de l’alternative
– Commerce et justice sociale ?
– De la récup’ individuelle à la coopérative
– Les free stores
– Le don, échange anti-économique
– Les magasins du temps

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Le dossier de ce numéro a été publié aux Éditions l’Échappée dans l’ouvrage « Construire l’autonomie » (encore disponible en librairie)

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Offensive n°16

Offensive n°16, décembre 2007

Sommaire

– Les mouvements sont faits pour instruire
– La victime humanitaire et l’Occident salvateur
– Le travail social, pour quoi faire ?
– Le futur triomphe, mais nous n’avons plus d’avenir
– Ruée vers l’or vert
– Entretien : La Tyrannie technologique

Dossier Putain de sexisme

La prostitution peut être définie comme l’offre de services sexuels en échange d’une rémunération explicitement demandée. Concrètement, elle met en scène des personnes, essentiellement des femmes ou des transgenres, qui vendent des services sexuels à des hommes (quasi exclusivement), qui eux achètent des corps.

Ces personnes sont désignées par le mot « pute », mot qui est aussi l’insulte classique lancée à toute femme ne se conformant pas au schéma traditionnel de la féminité. L’envie est alors forte de reprendre ce slogan des Mujeres Creando : « Pour tous les systèmes de fachos et de machos, la femme est une pute. Que meurent les systèmes, que vivent les putes ».

La parole et les luttes des prostituées sont cruciales pour leur reconnaissance en tant que personnes et pour visibiliser cette pierre angulaire du rapport patriarcal.

Au-delà des positionnements habituels pour « la liberté de se prostituer » ou pour « l’abolition de la prostitution », comment revendiquer notre liberté sexuelle, la libre disposition de notre corps, les moyens de notre indépendance matérielle, sans faire le jeu du patriarcat-capitalisme ?

– À propos de quelques idées reçues
– Approches et réalités de la prostitution
– Un révélateur des rapports de genre
– Le repos du guerrier
– Libération de la sexualité ou conservatisme sexuel?
– Le racolage publicitaire
– Sans masque
– Une histoire ancienne
– La lutte ça paye?

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Offensive n°15

Offensive n°15, septembre 2007

Sommaire

– Produisez, consentez !
– Continuez la recherche scientifique ?
– CARtoons, le cauchemar automobile
– En manque de temps 12
– Mujeres creando. Un féminisme autonome en Bolivie
– FLB-ARB, histoire de la lutte armée en Bretagne
– Livres, Musique, Arts vivants, Cinéma

Dossier « Autonomie Démocratie Directe (commune, conseils, assemblées) »

Dans la déclaration de première page d’Offensive, l’OLS se déclare « assembléiste ». Que  veut-on suggérer par là ? L’assembléisme prône le rassemblement en assemblée générale pour la prise de décisions concernant une organisation de lutte (syndicat, collectif…) ou une communauté de vie (quartier…). Il nous paraît fondamental de nous interroger sur les assemblées et les possibles qu’elles ouvrent, et de tra­vailler à favoriser leur émergence – les luttes contre le CPE de 2006 les ont d’ailleurs mis en pratique. Une génération couramment présentée comme dépolitisée, non organisée par elle-même, a su con­struire une multitude de vastes ras­semblements apparemment horizontaux où l’on débattait et décidait de la suite à donner aux événements.

S’inscrivant contre les modèles hiérarchiques portés par les courants marxistes-léninistes, et tout simplement contre les rapports sociaux dominants, les assemblées nous interpellent dans la manière dont elles se mettent en place. En particulier dans le processus et le mouvement auxquels elles engagent ses participants. La réappropriation de la parole, l’opportunité de reprendre en main nos conditions d’existence et la transformation de notre rapport, tout cela contribue à construire des moments de libération individuelle et collective. Par ailleurs, le développement de formes assembléistes favorise l’autonomisation d’un mouvement ou d’une expérience si elle se dégage de l’emprise des professionnel-le-s de la politique.

À travers des exemples histori­ques et des expériences actuelles, ce dossier veut mettre en avant les possibilités de rupture qu’offrent les mouvements qui parviennent à s’appuyer sur des dynamiques de démocratie directe. On retrouve cette pratique de l’horizontalité et de l’autonomie dans le mouvement du communisme de conseil, si peu connu dans l’Hexagone, et dans l’idée de Commune comme forme d’auto-administration d’un territoire. Plus près de nous, des mouvements et structures « basistes » ont éclos sur le territoire espagnol, en Argentine et au Mexique, notamment. Dans ce dossier, nous abordons également les limites que pose l’organisation de la lutte ou de la vie sociale sous l’impulsion des assemblées.

– La commune, glissement progressif
– Les communistes de conseil
– Le mouvement des assemblées en Argentine
– Assemblées en Espagne des années 50 aux années 80
– Autonomies mexicaines
– Assembléistes !

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Offensive n°14

Offensive n°14, mai 2007

Sommaire

– De la lutte au XXIe siècle
– Érotisme féminin
– Le jeu, marge de liberté
– Grande distribution, grande exploitation
– Au pays des mollahs
– Entretien : Des paysans dans la lutte des classes

Dossier : L’horreur touristique

Le tourisme est un phénomène de civilisation. Il se développe alors que le monde que  s’industrialise et s’urbanisation. Il accompagne l’essor des moyens de transport et la diffusion du mode de vie occidental.

Dans une société polluée et agressive, les individus stressés et oppressés par un travail rationalisé cherchent une compensation thérapeutique. Le monde idéalisé, épargné des ravages de la société industrielle que promeuvent les  voyagistes les attire. Ils ont soif d’exotisme et de dépaysement. Ils veulent jouir d’une  pureté originelle fantasmée. Pourtant, l’industrie touristique vend ce qu’elle contribue à
détruire, « le touriste ne doit pas être là où il veut aller ». Le monde est alors mis en production et les villes se transforment en musée et les campagnes en parcs d’attractions géants. Tout se consomme, la nature comme les humains. Le marché globalisé des corps et des espaces se généralise, plus aucune zone ne doit être préservée. Au contraire, plus une zone apparaît protégée, plus elle attire, car la recherche d’authenticité est devenu le leitmotiv de l’industrie touristique. Des peuples se retrouvent ainsi folklorisés par ceux là même qui les ont déculturés et ont entraîné des désordres sociaux irréversibles (introduction de l’argent, destruction des modes de production traditionnels, exode rural,  etc.).

Cette horreur touristique ne concerne pas que les pays du Sud. Elle touche l’ensemble du monde et les flux se diversifient. La mise en concurrence des espaces est globale. Chaque continent, chaque pays, chaque région tente de ramener le maximum de touristes sur son territoire. Certains profitent d’une nature attirante, de la présence de la mer ou d’un patrimoine culturel riche alors que d’autres construisent de toutes pièces ce qui pourrait les rendre attrayantes. Cette «touristification» participe de la spécialisation des territoires et du déploiement de monocultures qui déstructurent les sociétés.
Le touriste lui-même, en partie responsable de cette situation, devient une marchandise que l’on échange et qui doit dépenser ce qu’il a durement gagné tout au long de l’année. Il recherche les prix les plus bas, ce qui lui permet, non pas d’économiser, mais de faire plus de voyages. Il détruit encore un peu plus ce qu’il est venu chercher. Le tourisme est bien un phénomène total étroitement lié à une société carnivore.

– Quelques données
– Pureté en solde
– Manager le monde
– Babylone à la plage
– Habiter son pays
– Vitesse et cadences touristiques
– Planète sexe
– Folklorisation des peuples
– La Commune de Oaxaca se passera de touristes

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→ Le dossier de ce numéro a été publié aux Éditions l’Échappée dans l’ouvrage « Divertir pour dominer » (encore disponible en librairie)

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Offensive n°13

Offensive n°13 & Courant alternatif HS n°12, février 2005

[numéro commun avec Courant alternatif]

Dossier « Révolutionnaire aujourd’hui »

Sommaire

Engagements
– Le militant funambule, la soutenable légèreté de l’être
– La mémoire sociale, une arme de subversion massive
– Révolution.com
– L’art de l’esquive, ou comment les porte-parole de la contestation s’acoquinent avec les médias
– Je suis donc je lutte ?
– Droit dans le mur, à propos de l’impuissance politique contemporaine
– Être révolutionnaire
– Le projet de société n’appartient pas qu’aux militant-e-s
– Militant et dominant ?
– La scission, le cas d’Information et réflexion libertaires
– Abécédaire révolutionnaire, on a toujours raison de se révolter contre luttes

Luttes
– Si j’avais un marteau… luddisme et bris de machines
– Enracinement et luttes
– Syndicats ou groupes politiques ?
– Tout ça pour des clous ?
– Assez de routes ! Le mouvement des antiroutes en grande-bretagne
– Pour en finir avec les catégories d’oppression
– À propos des manifestations
– Militant-e-s ?
– Révolutionnaire sur le terrain

Alternatives
– Les gaztetxe, autogestion au Pays Basque
– Les milieux libres, vivre en anarchiste à la belle époque
– Le Local, une expérience militante
– Militer, un sport d’endurance

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