Offensive n°35

Offensive n°35, septembre 2012

Sommaire

– L’occupation du « 260 ». Se loger, s’organiser
– L’écologisme radical des « villes en transition »
– La tentation de l’humour sexiste
– Examen critique des idées de révolution et de progrès
– Le comité des sans-papiers du Nord
– Construction de pratiques d’auto-gouvernement en Colombie
– Oublier Fukushima
– Pesci Piccoli : un réseau pour provoquer des moments culturels différents
– Livres, Musique , Arts vivants, Cinéma

Dossier « Prolétariat, affaire classée ? »

Depuis plusieurs décennies, la conflictualité entre les classes sociales, ensommeillée par la fable libérale, connaît un processus d’invisibilisation. À tel point que, pour beaucoup, n’apparaissant plus, elle n’aurait plus de raison d’être aujourd’hui. Nous vivrions donc toutes et tous dans une sorte de grande classe moyenne en voie d’universalisation qui réussirait à gommer les différences et les antagonismes. Nous serions toutes et tous des éléments plus ou moins indifférenciés dans la société, évoluant selon des besoins et des buts « génériques » orientés par la pente « naturelle » du « Progrès » (bien-être matériel garanti par la consommation, inscription dans un projet professionnel/de vie, épanouissement personnel par des voies diverses et variées…). L’antagonisme de classes ne subsisterait, et encore de manière résiduelle, que comme un vestige du temps de l’industrialisation, de la formation et du développement de la classe ouvrière – laquelle a longtemps eu le monopole de la figure du prolétaire. Ainsi, le déclin du monde ouvrier marquerait la disparition du prolétariat et de la lutte de classe. Dans un monde pacifié par les lois du marché, il n’y aurait plus, à proprement parler, de classes sociales aux contours bien dessinés, plus de luttes de classe nécessaires, et donc plus de prolétaires ou de prolétariat pour transformer le monde.

Dans le même temps, les milieux militants (depuis l’extrême gauche parlementaire jusqu’à certains groupes autonomes) parlent encore de lutte de classe et de prolétariat. Mais qu’entendent-ils par là ? Ces concepts, qui ont une longue histoire, sont-ils toujours opérants aujourd’hui ? La figure du prolétaire renvoie-t-elle à celle de l’ouvrier ? S’agit-il de conditions objectives de vie ou de rapports de force existants ? Fait-on référence au sujet actif de la marche de l’histoire, s’il en est un ? Suppose-t-on d’emblée une unité des prolétaires ou envisage-t-on une multiplicité des figures prolétariennes ? Il ne s’agit pas de pinailler sur les termes mais bien de tenter d’appréhender la ou les façons dont l’antagonisme de classe s’incarne aujourd’hui. Y parvenir pourrait nous permettre de mieux comprendre ce qui se joue dans les luttes actuelles.

– La formation du prolétariat entre mythe et histoire
– Occupy ou la fin du chacun-e pour soi
– Les indignés s’invitent dans la lutte de classe
– Sans nécessité ni raison
– De la petite bourgeoisie aux classes moyennes
– Prolétaires automates, sortez de la matrice !
– L’esclavage de l’âme. Difficile résistance dans les centres d’appels
– Prolétaires de tous les pays, qu’êtres-vous devenus ?
– La révolution sans le prolétariat ? Du clivage de classe dans les collectifs radicaux
– Catégorie de sexe et luttes de classes
– Des écarts et des efforts. Pour le libre épanouissement de tou-te-s et de chacun-e

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Offensive n°34

Offensive n°34, juin 2012

Sommaire

– La peste brune s’installe…
– Sport, jeu ou activité physique ?
– Jusqu’au bout de l’effort. Quand le sport tue
– Un projet nuisible nommé Ulcos
– Le cas Bonnot
– En quête d’autonomie. Autour du mouvement des chômeurs et précaires en lutte de Rennes
– Contre la violence masculine, néolibérale et guerrière au Mexique
– Contre les publicités sexistes
– Le CREA, centre social autogéré à Toulouse
– Livres, Musique , Arts vivants, Cinéma

Dossier « L’info en lutte(s) »

L’information est partout. Omniprésente dans nos vies, elle contribue à façonner nos représentations du réel et nous aide à agir sur le monde. Or, quand on évoque ce mot, on pense inévitablement à la matière que produisent et diffusent les médias de masse. La machine médiatique, qui exerce son hégémonie sur l’espace public, utilise l’information comme un moyen de soumission à l’ordre social. S’il est indispensable de se libérer de son emprise (saboter la machine, analyser et critiquer les discours médiatiques), il ne faudrait pas en rester là. D’autres pratiques s’inventent et se créent, au service des résistances, des luttes et du changement social.

En effet, bien conscient-e-s que nous vivons dans une société saturée d’informations, et même si la marge de manoeuvre peut paraître réduite, il est important d’investir l’information comme champ d’action en repensant en profondeur notre rapport à celle-ci. En politisant nos pratiques et nos réflexions, en défendant une information émancipatrice et autonome, un large champ d’expérimentations s’offre à nous. Car l’information est un enjeu de lutte et un enjeu au sein des luttes. Il est indispensable de ne pas en laisser le contrôle aux dominants et de se doter de ses propres « médias » pour (se) mobiliser, (se) coordonner, et relayer de manière autonome les informations utiles. Pour cela, nous voulons soutenir et faire vivre une pluralité de pratiques et de supports (vidéo, radio, journaux, sites Web…) qui fonctionnent en lien, en réseau et en solidarité les uns avec les autres. L’engagement sur le front de l’information est un acte politique.

Contrairement aux petits soldats du journalisme qui affichent une neutralité de façade et se tiennent à distance de leurs sujets, nous assumons et revendiquons notre subjectivité et notre appartenance au camp des minorités, des opprimé-e-s et des résistant-e-s. Pour faire de l’information autrement, il nous faut donc rejeter les postures d’expert-e-s et de spécialistes, casser le rapport vertical du savoir descendant, défendre « le faire avec » en lieu et place du « faire à la place de », agir depuis « l’intérieur » des luttes, sur le terrain et au contact, pour accompagner, (s’)encourager et (se) donner de la force. Un processus qui reste indissociable de nos perspectives révolutionnaires

– Politiser l’information
– Faut-il nous expliquer comment tourne le monde ? Entre illusion et illusion et désillusion médiatique
– En finir avec le journalisme
– « Jusqu’ici », un média dans la lutte
– Plaidoyer pour une information locale de qualité
– Pourquoi Offensive ?
– Redécouvrir l’enquête « ouvrière »
– Faire de l’écriture collective une force d’émancipation
– Ne m’informe pas, je m’en charge !
– Indymedia, un média de lutte à l’heure du web participatif ?
– Primitivi,une expérience de vidéo-activisme

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Offensive n°33

Offensive n°33, mars 2012

Sommaire

– La cage et le marché. Notes sur la récente réforme de la psychiatrie
– Le masculinisme, une arme de guerre contre les femmes
– Mayotte, ou le vrai visage de la République coloniale
– Le manifeste d’une nouvelle école de la pensée sociale
– Féministes !
– Le mouvement du 15-M en Espagne
– Histoire populaire des sciences
– La conquête du pain, une boulangerie bio autogérée
– Livres, Musique , Arts vivants, Cinéma

Dossier « Art, la fabrique du social »

L’art fabrique du social en peuplant nos vies de choses à sentir et penser en commun ; il bâtit les identités (quitte à s’en jouer), façonne les cultures, construit le collectif. Mais s’il produit du social, il est lui-même un « produit social » en ceci qu’il est déterminé par les idéologies dominantes, les institutions qui régulent sa pratique, et les formes d’économie dans lesquelles il s’insère. En outre, la pluralité de ses auteurs comme de ses publics (qui ne sont pas toujours les mêmes) se traduit aujourd’hui par une multiplicité des pratiques et des champs artistiques : l’art dit « contemporain », les arts vivants, mais aussi les arts populaires, les arts appliqués ou décoratifs, l’art amateur, etc. C’est à un état des lieux de cette situation polymorphe qu’il faut se livrer aujourd’hui si l’on veut porter sur l’art un regard à la fois sensible et politique.

L’attitude récurrente des mouvements révolutionnaires, convergeant en cela avec les avant-gardes artistiques du XXe siècle, a été de contester non seulement le monopole de la bourgeoisie et des classes privilégiées sur l’art, ainsi que l’émergence d’un art contemporain d’État via les subventions publiques et les aides à la culture, mais aussi les séparations maintenues entre l’art et la vie quotidienne, les artistes et les gens ordinaires. Toutefois cette critique
a peut-être rencontré ses limites aujourd’hui, et tout en reconnaissant la validité persistante de certains de ses arguments, il est nécessaire d’examiner les points sur lesquels elle est devenue caduque, ou les angles morts qu’elle a laissé subsister. Quand la volonté d’être politique ne laisse à l’art que l’alternative entre une posture impuissante de dénonciation et le narcissisme de celle qui prétend faire de sa vie une œuvre d’art ; quand le règne d’Internet et des nouveaux médias est aussi celui des pratiques artistiques dites « amateur »
ou « populaires », qui se bornent à mimer les gimmicks et les stéréotypes de la culture de masse ; quand les contestations du régime étatique de financement des arts accompagnent leur libéralisation concrète : il nous faut affiner nos analyses, mettre à jour notre critique.

Marchandisation, domination masculine, fétichisme des nouvelles technologies… : finalement, l’art apparaît aujourd’hui comme cerné de toutes parts. C’est notre capacité de ressentir, d’imaginer un autre ordre du monde et d’intervenir dans le réel pour le faire advenir, qui est menacée. Que l’art comme espace de domination puisse encore être repolitisé et transformé en champ d’expérimentation et de bataille sociale, c’est ce qu’il faut espérer et ce à quoi il faut œuvrer.

– Quel art pour quelle société  ?
– L’art du marché
– L’art contemporain en proie aux nouvelles technologies
– Un espace de domination masculine
– Quand l’art est le faire-valoir de l’État
– À la recherche d’un art social
– Art et/ou politique
– Sculpture, l’art des solitudes peuplées
– L’art comme résistance à l’art
– Cinéma, la révolution argentique
– À voix hautes, paroles de femmes
– L’improvisation, une pratique libertaire
– Contre le design, retrouvons les arts du faire
– L’art dans quel sens ?

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Offensive n°32

Offensive n°32, décembre 2011

Sommaire

– L’énergie, un problème central
– L’Argent est-il devenu obsolète ?
– Squat
– La civilisation du gaspillage
– No Border Calais 14
– Émeutes urbaines. À propos d’un été chaud en Angleterre
– La galaxie Dieudonné
– Les ateliers vélo
– Livres, Musique , Arts vivants, Cinéma

Dossier « Libération sexuelle ? »

Notre vie quotidienne est saturée de représentations de la sexualité, au travers de la publicité, des magazines, du cinéma, de la télévision, etc. Le capitalisme en a fait un véritable argument de vente, du yaourt à la voiture dernier cri, et l’industrie du sexe est plus que florissante. Un nombre toujours plus grand d’auteur-e-s et de journalistes vantent les libertés acquises suite à la fameuse libération sexuelle des années 1970. Les pratiques sexuelles ont certes évolué depuis le mouvement féministe et les mouvements homosexuel et lesbien des années 1970. La légalisation partielle de l’avortement et la généralisation de la contraception féminine ont permis à un grand nombre de femmes des pays occidentaux de contrôler leur fécondité. Mais la sexualité reste pour beaucoup d’individu-e-s synonyme d’angoisse.

Le sexe a beau être partout, nos sexualités sont toujours soumises à des normes subies et des contraintes morales. Ce ne sont plus les mêmes qu’avant les années 1970, quand le poids de la religion catholique lui permettait de mettre le nez dans la vie sexuelle des individu-e-s. Les normes qui balisent aujourd’hui les sexualités ont aussi à voir avec le culte de la performance (orgasme obligatoire, régularité des rapports, etc.). La morale s’est faite plus diffuse et se traduit par une autocensure des désirs et des plaisirs, et de la parole autour de nos sexualités. Et, si l’homosexualité n’est plus considérée comme une maladie, ceux qui la pratiquent sont encore vus comme des déviants. Les lesbiennes sont toujours aussi invisibilisées. Les bisexuel-le-s considéré-e-s comme des « anormaux ».

Avoir des relations sexuelles n’est pas un acte naturel mais fait l’objet d’un apprentissage. Nos sexualités s’enrichissent au fil du temps et des expériences. Parler librement de ma ou de mes sexualités, entamer le dialogue avec l’autre, me permet aussi de m’assurer que je ne lui impose pas mon désir. L’éducation, en matière de sexualité, est loin d’être égalitaire. Quand on aborde la sexualité avec les garçons, on leur parle de leur pénis et du plaisir qu’ils vont éprouver grâce à lui (ce qui est déjà réducteur !). Pour les petites filles, la sexualité se résume aux maladies et infections sexuellement transmissibles, à la peur de tomber enceinte. Quid du plaisir féminin ? De la connaissance de son corps ? Peut-être faudrait-il commencer par là pour parvenir à vivre des sexualités épanouissantes.
On ne peut évidemment pas faire l’impasse sur les violences sexuelles, qui sont essentielles pour aborder la question du consentement. Nous avons tout de même pris le parti de ne pas développer cette question, considérant que les violences sexuelles ne font pas partie de la sexualité des femmes, mais qu’elles sont plutôt une expression exacerbée de la domination masculine à laquelle les femmes se heurtent dans la sphère sexuelle. Eh non, le sexe n’est pas que plaisir et légèreté. Et tant pis s’il nous faut passer pour des coincé-e-s du cul en le disant ! Cela ne nous empêche pas de vouloir explorer les possibles de nos désirs, qui peuvent être un chemin vers la liberté sexuelle. S’il ne faut pas oublier que nous vivons dans une société qui n’a rien d’égalitaire et que nos sexualités ne pourront se libérer sans la mise à bas des systèmes de domination masculine, raciste et capitaliste, il n’est jamais trop tôt pour commencer à vivre nos désirs et à les partager avec d’autres.

– Pas de révolution sans libération sexuelle !
– Éducation sexualisée vs éducation sexuelle
– Corps en (dés)accords
– Vieillesse, le sexe buissonnier
– Pornographie, l’économie des corps
– Une « libération sexuelle » à géométrie variable
– Si je veux, quand je veux !
– La contraception masculine ou le syndrome du passage clandestin
– Plaisirs solitaires
– Et les hommes… ?
– Je t’aime quand tu es libre…
– En finir avec le tout-génital
– Utopies sexuelles

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Offensive n°31

Offensive n°31, septembre 2011

Sommaire

– Les cagoles complotent ! Une expérience de radio féministe
– Radiorageuses
– Pratiquer l’égalité dans la lutte. Entré étudiant-e-s et travailleurs/euses à l’ENS
– Recruteur de donateurs. Quelques éléments de réflexion sur un « nouveau » métier
– Vous êtes fous ! (Lewis Mumford)
– No TAV ! Non au TGV !
– Révoquer, réformer, reconstruire. Le mouvement social dans le Wisconsin
– Soulèvement populaire en Tunisie : « Le peuple veut renverser le système »
– La librairie du boulevard à Genève : 36 ans d’autogestion
– Livres, Musique , Arts vivants, Cinéma

Dossier « La contre révolution informatique »

Le premier usage des machines à calculer et des machines programmables a été de « rationaliser » les processus de production. En automatisant, en accélérant et en rendant plus flexibles la production, et la gestion des comptes et des stocks, l’informatique a intensifié, et continue d’intensifier, l’exploitation salariale. En plus de licencier des travailleurs-euses devenu-e-s inutiles, l’implantation de l’informatique dans les entreprises a souvent transformé l’organisation du travail. Elle rend le travail des salarié-e-s encore en activité moins autonome, moins créatif et plus pénible. Avec l’arrivée de l’ordinateur dans les foyers, et surtout depuis l’accès grand public au réseau Internet, l’informatique est devenu également un outil de communication. Des discours sont alors apparus qui vantaient les vertus démocratiques et libératices d’Internet : celui-ci permettrait de diffuser gratuitement, et ce partout dans le monde, des informations alternatives et militantes. De par sa structure en réseau, décentralisée, il faciliterait des modes d’organisation horizontaux en permettant une égale participation de toutes et tous, que l’on vive à Bangalore ou en Lozère.

Ainsi, il suffirait de détourner l’usage de cet outil pour le mettre au service de la construction d’une société libertaire et saper les fondements  du système actuel. Alors pourquoi  la « révolution informatique » est-elle menée de fronts par les industriels  et les gouvernants, soutenus par les médias dominants ? Tout d’abord, il semblerait que la contribution de l’informatique, et d’Internet en particulier, aux mouvements d’émancipation soit plus modeste et ambigüe qu’annoncée. D’une part parce que les avantages de ces outils ont été exagérés, et leurs inconvénients rarement considérés. D’autre part, parce que, aussi utiles qu’ils puissent être, ce ne sont que des outils de communications, dont l’utilisation correcte peut être cruciale, mais jamais suffisante. Mais surtout, en s’immisçant dans les foyers, les transports, les écoles ou les bibliothèques, en se faisant toujours plus discrète grâce aux progrès des nanotechnologies, ce n’est plus seulement les chaînes de montages que l’informatique tend à « rationaliser », mais tous les aspects de la vie. Il ne s’agit pas seulement de dénoncer les dérives que seraient le fichage généralisé, ou l’observation des communications par des entreprises ou des États.

Il est également nécessaire de bien comprendre et d’enrayer l’idéal du tout-numérique. Idéal d’une société où tout pourrait être quantifié, de la production de légumes jusqu’au mécontentement de la population, et ainsi géré, de manière toujours plus automatique et plus rapide.

– L’informatisation à la française. Entre mises à feu et résignation
– La fuite dans les mondes rêvés du numérique
– Puces et étiquettes : la conquète des zéros et des uns
– collectif faut pas pucer
– No ghost in the shell, le post-humain à déjà commencé
– Informatique et société
– Des nuisances bien réelles
– Vers l’école numérique
– Management et formatage à l’école : tout un programme !
– Démocratie et réseaux virtuels. De la nécessité d’un regard critique
– Twitte la révolution !
– Utopies coincées dans la toile

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Offensive n°30

Offensive n°30 & Courant alternatif HS n°17, juin 2011

[numéro commun avec Courant alternatif]

Dossier « Luttes de libération nationale, une révolution possible ? »

Un certain nombre de nations, parmi lesquelles la France, l’Allemagne, le Japon et les États-Unis, se sont créées et développées grâce à la conquête d’autres nations. Elles ont constitué de véritables empires coloniaux, asservissant les populations locales et pillant leurs richesses. Après la Seconde Guerre mondiale, une période de décolonisation s’ouvre avec l’indépendance des Indes britanniques en 1947. Des mouvements nationalistes déjà anciens, comme c’est le cas en Algérie, s’arment et se soulèvent. Les États colonisateurs usent de différentes stratégies pour casser ces luttes. Malgré la répression féroce qui s’abat sur les populations colonisées, les mouvements anticolonialistes ont peu d’écho dans les pays colonisateurs.

Aujourd’hui encore, un certain nombre de nations habitent un territoire et parlent une langue qui n’ont pas d’existence officielle, en dépit de leur spécificité. C’est le cas des Kurdes, qui forment le plus grand peuple privé de pays dans le monde, leur territoire étant partagé entre cinq États. C’est également le cas de beaucoup de nations d’Amérique latine et d’Asie, mais aussi d’Europe. Non seulement les phénomènes d’impérialisme et de domination d’une culture par une autre n’ont pas cessé avec les décolonisations (souvent partielles), mais l’émergence de nouveaux États semble même avoir entraîné leur dissémination (par exemple en Afrique, au Moyen-Orient ou en Asie).

Les personnes qui défendent une langue et/ou une culture minoritaire, surtout dans nos contrées où la modernité est censée avoir triomphé des particularismes locaux, sont souvent perçues comme réactionnaires. L’ancrage sur un territoire et le sentiment d’appartenance ne sont pourtant pas l’apanage des seules luttes de libération nationale, ils font partie intégrante de toute lutte sociale. Même si les personnes qui participent aux luttes de libération nationale ne sont pas toutes révolutionnaires, un travail critique sur les mouvements de libération nationale reste à mener aujourd’hui, pour en dégager les aspects émancipateurs et ceux que nous ne souhaitons pas reproduire.

Nous n’avons pas la prétention de traiter toutes les luttes de libération nationale dans ce hors-série, ni de répondre à toutes les questions qu’elles posent, notamment celle de l’exploitation… Nous avons cependant tenté d’ouvrir quelques pistes de réflexion pour envisager les luttes de libération sous un jour nouveau.

Sommaire

Décoloniser nos esprits
– Les cultures minoritaires contre l’uniformisation ?
– Du sentiment d’appartenance
– Dans le mouvement basque
– Quelle attitude vis-à-vis des luttes de libération nationale ?
– « On parle en breton au cheval mais en français au tracteur ». Le progrès contre la langue bretonne
– Parler breton aujourd’hui, ne nous justifions plus !

Décoloniser nos luttes
– Corsica : a populu fattu bisogna a marchja’
– Pour une Bretagne libertaire anticapitaliste ?
– Kanaky : il est fini le temps des colonies !
– Le colonialisme, talon d’achille du mouvement ouvrier
– Commandos autonomes et autonomes au Pays Basque sud
– Scelta para, organisation indépendantiste révolutionnaire corse
– OPA sur les identités. Contre les identitaires un combat culturel à mener
– L’Europe contre les peuples

Décoloniser le monde
– Turquie : pour la reconnaissance sociale et politique du peuple kurde
– Algérie : les rendez-vous manqués de la lutte de libération nationale
– Kabylie : retour sur le printemps noir de 2001
– Occupation en irak et critique de l’anti-impérialisme

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Offensive n°29

Offensive n°29, mars 2011

Sommaire

– BDS : la campagne qui dérange !
– L’espoir meurt en dernier. Obama, l’immigration et les ouvriers
– Les « cultures urbaines »au secours de la paix sociale
– Repenser le progrès (Ignazio Silone)
– Une mégamachine délirante
– Les Philippines. Comment ça va, la démocratie ?
– Les « Bat’women » : femmes et trans’ dans les métiers du bâtiment
– Altern’éduc
– Livres, Musique, Arts vivants, Cinéma

Dossier « Savoirs pour s’émanciper »

La numérisation des documents serait la panacée pour transmettre les savoirs de l’humanité. La politique de l’« éducation et formation tout au long de la vie » donnerait les moyens de s’épanouir en apprenant à tous les âges. Ces mythes sont à démonter. La mutation des institutions traditionnelles de diffusion du savoir (bibliothèques, écoles, formation professionnelle…) ne va pas dans le sens d’une émancipation sociale.   La dématérialisation des supports nous contraint à apprendre derrière un écran, et le plus souvent seul-e. Elle nous pousse à accumuler sans hiérarchie des connaissances qu’il faudra remplacer rapidement par d’autres, plus « utiles ». Dans ce contexte de consommation, il nous semble important d’affirmer un autre rapport au savoir. L’apprentissage personnel et collectif qui nous intéresse est celui qui sert un processus d’émancipation, c’est-à-dire qui permette d’accroître notre maîtrise sur nos vies dans une perspective d’égalite et de solidarité. Avec ce dossier, nous avons choisi d’interroger une éducation qui se joue en dehors des structures d’enseignement, entre adultes, égaux de préférence : une éducation mutuelle et populaire.   Hier et aujourd’hui, des militant-e-s politiques, des ouvrier-ère-s syndicalistes, des militant-e-s de l’éducation populaire, des travailleur-se-s sociaux, des artistes, des étudiant-e-s ont mis en place des espaces pour apprendre ensemble : groupes de théâtre-forum, groupes de conscience féministes, ateliers de rue, groupes de travail universitaires (GTU), bibliothèques, etc.

Ces expériences reposent sur des principes communs : l’importance d’apprendre à partir de soi-même, de sa propre réalité ; la valorisation de savoirs hétérogènes (théorie, pratique, technique,…) ; la volonté d’émancipation. Un autre point important est la relation sociale. Que l’on en passe par la lecture de livres (de papier), l’analyse de nos expériences ou les activités manuelles, l’échange avec les autres est cruciale, pour se confronter et débattre. La façon dont on acquiert un savoir compte donc autant que le savoir lui-même.

Le dossier « Savoirs pour s’émanciper » vient poursuivre une réflexion autour d’une culture de l’émancipation amorcée en particulier dans un précédent numéro d’Offensive : « Culture de classe ou (in)culture de masse » paru en février 2006.

– Savoir, pour quoi faire ?
– Formater tout au long de la vie
– Éducation populaire : histoire d’une domestication
– Faire œuvre d’émancipation
– Le savoir autogéré
– Écrans partout, culture nulle part
– La passion de l’étude
– Devenir acteur de la lutte
– Les bourses du travail : espaces d’éducation
– S’émanciper dans l’espace social
– Cultiver la rue
– Prendre la parole : le mouvement des femmes
– Apprendre ensemble : se réapproprier notre devenir

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