Offensive n°35

Offensive n°35, septembre 2012

Sommaire

– L’occupation du « 260 ». Se loger, s’organiser
– L’écologisme radical des « villes en transition »
– La tentation de l’humour sexiste
– Examen critique des idées de révolution et de progrès
– Le comité des sans-papiers du Nord
– Construction de pratiques d’auto-gouvernement en Colombie
– Oublier Fukushima
– Pesci Piccoli : un réseau pour provoquer des moments culturels différents
– Livres, Musique , Arts vivants, Cinéma

Dossier « Prolétariat, affaire classée ? »

Depuis plusieurs décennies, la conflictualité entre les classes sociales, ensommeillée par la fable libérale, connaît un processus d’invisibilisation. À tel point que, pour beaucoup, n’apparaissant plus, elle n’aurait plus de raison d’être aujourd’hui. Nous vivrions donc toutes et tous dans une sorte de grande classe moyenne en voie d’universalisation qui réussirait à gommer les différences et les antagonismes. Nous serions toutes et tous des éléments plus ou moins indifférenciés dans la société, évoluant selon des besoins et des buts « génériques » orientés par la pente « naturelle » du « Progrès » (bien-être matériel garanti par la consommation, inscription dans un projet professionnel/de vie, épanouissement personnel par des voies diverses et variées…). L’antagonisme de classes ne subsisterait, et encore de manière résiduelle, que comme un vestige du temps de l’industrialisation, de la formation et du développement de la classe ouvrière – laquelle a longtemps eu le monopole de la figure du prolétaire. Ainsi, le déclin du monde ouvrier marquerait la disparition du prolétariat et de la lutte de classe. Dans un monde pacifié par les lois du marché, il n’y aurait plus, à proprement parler, de classes sociales aux contours bien dessinés, plus de luttes de classe nécessaires, et donc plus de prolétaires ou de prolétariat pour transformer le monde.

Dans le même temps, les milieux militants (depuis l’extrême gauche parlementaire jusqu’à certains groupes autonomes) parlent encore de lutte de classe et de prolétariat. Mais qu’entendent-ils par là ? Ces concepts, qui ont une longue histoire, sont-ils toujours opérants aujourd’hui ? La figure du prolétaire renvoie-t-elle à celle de l’ouvrier ? S’agit-il de conditions objectives de vie ou de rapports de force existants ? Fait-on référence au sujet actif de la marche de l’histoire, s’il en est un ? Suppose-t-on d’emblée une unité des prolétaires ou envisage-t-on une multiplicité des figures prolétariennes ? Il ne s’agit pas de pinailler sur les termes mais bien de tenter d’appréhender la ou les façons dont l’antagonisme de classe s’incarne aujourd’hui. Y parvenir pourrait nous permettre de mieux comprendre ce qui se joue dans les luttes actuelles.

– La formation du prolétariat entre mythe et histoire
– Occupy ou la fin du chacun-e pour soi
– Les indignés s’invitent dans la lutte de classe
– Sans nécessité ni raison
– De la petite bourgeoisie aux classes moyennes
– Prolétaires automates, sortez de la matrice !
– L’esclavage de l’âme. Difficile résistance dans les centres d’appels
– Prolétaires de tous les pays, qu’êtres-vous devenus ?
– La révolution sans le prolétariat ? Du clivage de classe dans les collectifs radicaux
– Catégorie de sexe et luttes de classes
– Des écarts et des efforts. Pour le libre épanouissement de tou-te-s et de chacun-e

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