Offensive n°27

Offensive n°27, septembre 2010

Sommaire

– L’exploitation, toujours pas à la retraite
– Sauver le capitalisme. Une critique marxiste du keynésianisme
– Quelle autogestion y a-t-il eu chez Philips ?
– Nationalisme et culture (Rudolf Rocker)
– Propos d’un libraire ordinaire
– Équateur : la guerre pour les biens communs s’intensifie
– Une histoire de l’antisémitisme à gauche
– Le 102, laboratoire d’expérimentation artistique et politique
– Livres, Musique, Arts vivants, Cinéma

Dossier : Précarité pourquoi?

Du latin « precarius », « obtenu par la prière » (Le Petit Robert), le mot précarité est étymologiquement lié à la notion de dépendance : en droit romain, est précaire ce qui n’est octroyé que grâce à une concession révocable à tout moment par celui qui l’a accordée.

Aujourd’hui, la déstructuration du travail combinée à l’explosion du système d’emploi et des garanties collectives met au grand jour notre dépendance à une société marchande et technicienne sur laquelle nous n’avons pas de prise depuis nos vies. La précarité croît là où s’exercent la compétition, la course aux profits, la parcellisation des tâches, la spécialisation, la consommation, l’individualisation, le contrôle et l’usage de technologies toujours plus sophistiquées… la précarité croît là où l’autonomie des individu-e-s et des peuples perd du terrain. Mais, lorsque nous parlons de « précarité », ce sont plutôt ses conséquences qui nous viennent à l’esprit : instabilité, insécurité, conditions d’existence (habitat, santé, alimentation) non assurées et menacées sur la durée du fait d’un accès aux ressources inégal dans le temps.

S’épandre sur la description des situations de précarité (et s’appesantir sur le « sort des précaires ») plutôt que révéler les mécanismes qui les engendrent permet de responsabiliser les individu-e-s qui seraient alors « incapables de s’adapter » ou manqueraient de « dynamisme ». En effet, la précarité est aujourd’hui utilisée comme une arme pour soumettre les populations aux modes de production choisis par le capital. Elle est une menace permanente qui pèse sur chacun-e et agit comme une injonction à « demeurer ou rentrer dans le rang » (acceptation de degrés de compromission avec un système en lequel on ne se reconnaît pas ou, pour les exclu-e-s, signature de contrats d’insertion).

Plutôt que d’apporter des recettes ou solutions, ce dossier essaie de mettre en lumière ce qui nous rend précaire. Il tente aussi de transmettre, interroger et faire dialoguer les réflexions menées autour de diverses expériences de luttes et d’alternatives, que ce soit celles qui agissent en faveur des droits des précaires ou celles qui questionnent plus radicalement les modes de vie, de production et de lien social.

– Précaires, depuis quand ?
– Les précaires sont-ils un peuple ?
– Des services aux précaires ?
– Nous voulons tout… et nous prendrons le reste. Retour sur le mouvement des chômeurs/euses de l’hiver 1997-1998
– Les errances d’une idée sans racines
– Capitalisme et précarité. De l’accumulation primitive à la société liquide
– Ni emploi forcé, ni culpabilité, ni management. Grève des chômeurs
– Se défaire de la précarité, apprivoiser l’incertitude
– Une législation qui renforce la précarité

→ Télécharger Offensive n°27 (format pdf) : offensive n°27

Le dossier de ce numéro a été publié aux Éditions l’Échappée dans l’ouvrage « Construire l’autonomie » (encore disponible en librairie)

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