Offensive n°12

Offensive n°12, décembre 2006

Sommaire

– Combattre la précarité ensemble
– S’autogérer, de l’impossible au possible
– Paysages du sexisme ordinaire
– Bienvenue dans une monde de mouchards…
– La révolte d’Attica
– Entretien : La révolte luddite
– Livres, Musique, Arts vivants, Cinéma

Dossier « Intégration, entre mise au pas et apartheid social »

Le tourisme est un phénomène de civilisation. Il se développe alors que le monde que  s’industrialise et s’urbanisation. Il accompagne l’essor des moyens de transport et la diffusion du mode de vie occidental.

Dans une société polluée et agressive, les individus stressés et oppressés par un travail rationalisé cherchent une compensation thérapeutique. Le monde idéalisé, épargné des ravages de la société industrielle que promeuvent les  voyagistes les attire. Ils ont soif d’exotisme et de dépaysement. Ils veulent jouir d’une  pureté originelle fantasmée. Pourtant, l’industrie touristique vend ce qu’elle contribue à
détruire, « le touriste ne doit pas être là où il veut aller ». Le monde est alors mis en production et les villes se transforment en musée et les campagnes en parcs d’attractions géants. Tout se consomme, la nature comme les humains. Le marché globalisé des corps et des espaces se généralise, plus aucune zone ne doit être préservée. Au contraire, plus une zone apparaît protégée, plus elle attire, car la recherche d’authenticité est devenu le leitmotiv de l’industrie touristique. Des peuples se retrouvent ainsi folklorisés par ceux là même qui les ont déculturés et ont entraîné des désordres sociaux irréversibles (introduction de l’argent, destruction des modes de production traditionnels, exode rural,  etc.).

Cette horreur touristique ne concerne pas que les pays du Sud. Elle touche l’ensemble du monde et les flux se diversifient. La mise en concurrence des espaces est globale. Chaque continent, chaque pays, chaque région tente de ramener le maximum de touristes sur son territoire. Certains profitent d’une nature attirante, de la présence de la mer ou d’un patrimoine culturel riche alors que d’autres construisent de toutes pièces ce qui pourrait les rendre attrayantes. Cette «touristification» participe de la spécialisation des territoires et du déploiement de monocultures qui déstructurent les sociétés.
Le touriste lui-même, en partie responsable de cette situation, devient une marchandise que l’on échange et qui doit dépenser ce qu’il a durement gagné tout au long de l’année. Il recherche les prix les plus bas, ce qui lui permet, non pas d’économiser, mais de faire plus de voyages. Il détruit encore un peu plus ce qu’il est venu chercher. Le tourisme est bien un phénomène total étroitement lié à une société carnivore.

– De l’État-nation à la domination impériale. L’intégration, entre mise au pas et apartheid social
– Du registre à la puce. brève histoire des papiers d’identité
– Nous ne sommes pas que de passage. Retour sur l’immigration italienne
– L’idéologie multiculturaliste
– Le mythe de l’intégration
– La fin du nomadisme ? Les Roms et l’élargissement de l’union européenne
– Soutenir les sans-papiers et être révolutionnaire
– Les sous-sols de l’intégration. Foutre le souk, exister

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[Numérisation réalisée grâce au CRAS de Toulouse]

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