Offensive n°11

Offensive n°11, septembre 2006

Sommaire

– On mine la technologie à Grenoble !
– N’ingérons pas la cogestion !
– À propos de l’histoire universelle de Marseille
– La langue de tous les possibles. Brève histoire du mouvement ouvrier espérantiste
– Psychiatrie algérienne et antipsychiatrie
– Entretien : La Commune de Paris
– Livres, Musique, Arts vivants, Cinéma

Dossier « On hait les champions »

Le tourisme est un phénomène de civilisation. Il se développe alors que le monde que  s’industrialise et s’urbanisation. Il accompagne l’essor des moyens de transport et la diffusion du mode de vie occidental.

Dans une société polluée et agressive, les individus stressés et oppressés par un travail rationalisé cherchent une compensation thérapeutique. Le monde idéalisé, épargné des ravages de la société industrielle que promeuvent les  voyagistes les attire. Ils ont soif d’exotisme et de dépaysement. Ils veulent jouir d’une  pureté originelle fantasmée. Pourtant, l’industrie touristique vend ce qu’elle contribue à
détruire, « le touriste ne doit pas être là où il veut aller ». Le monde est alors mis en production et les villes se transforment en musée et les campagnes en parcs d’attractions géants. Tout se consomme, la nature comme les humains. Le marché globalisé des corps et des espaces se généralise, plus aucune zone ne doit être préservée. Au contraire, plus une zone apparaît protégée, plus elle attire, car la recherche d’authenticité est devenu le leitmotiv de l’industrie touristique. Des peuples se retrouvent ainsi folklorisés par ceux là même qui les ont déculturés et ont entraîné des désordres sociaux irréversibles (introduction de l’argent, destruction des modes de production traditionnels, exode rural,  etc.).

Cette horreur touristique ne concerne pas que les pays du Sud. Elle touche l’ensemble du monde et les flux se diversifient. La mise en concurrence des espaces est globale. Chaque continent, chaque pays, chaque région tente de ramener le maximum de touristes sur son territoire. Certains profitent d’une nature attirante, de la présence de la mer ou d’un patrimoine culturel riche alors que d’autres construisent de toutes pièces ce qui pourrait les rendre attrayantes. Cette «touristification» participe de la spécialisation des territoires et du déploiement de monocultures qui déstructurent les sociétés.
Le touriste lui-même, en partie responsable de cette situation, devient une marchandise que l’on échange et qui doit dépenser ce qu’il a durement gagné tout au long de l’année. Il recherche les prix les plus bas, ce qui lui permet, non pas d’économiser, mais de faire plus de voyages. Il détruit encore un peu plus ce qu’il est venu chercher. Le tourisme est bien un phénomène total étroitement lié à une société carnivore.

– Un opium du peuple
– Aux origines du sport
– Sport-business, un pléonasme
– Le sourire des volontaires sera la meilleure carte des JO de Pékin »
– La performance avant tout. Sport et entreprise, mêmes valeurs
– Le sport rouge. Une stratégie de développement du capitalisme
– Critiquer le sport sans totem ni tabou
– Le sport en chemise noire. Le sport sous l’Italie de Mussolini
– Le sport contres les femmes
– Le corps sportif. Support et incarnation d’une utopie totalitaire
– Quelle intégration par le sport ? De l’apprentissage de la soumission
– Gagner n’est pas jouer

Le dossier de ce numéro a été publié aux Éditions l’Échappée dans l’ouvrage « Divertir pour dominer » (encore disponible en librairie)

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[Numérisation réalisée grâce au CRAS de Toulouse]

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