Couvertures – aléatoire

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Offensive s’arrête

L’Offensive Libertaire et Sociale, tout comme sa revue Offensive, est née il y a une dizaine d’années.

Le groupe politique affirmait vouloir appartenir à une galaxie libertaire, « apportant sa contribution au mouvement révolutionnaire », et ne pas être une énième organisation menant à « la » vérité révolutionnaire. L’OLS se vivait en coopération avec d’autres groupes, organisations, collectifs dans l’idée de participer, aussi modestement soit-il, à la transformation de la société. L’organisation OLS n’a jamais voulu être une marque qu’on apposerait en bas de tracts et autres pétitions, mais une manière de s’organiser de façon visible et affirmée, avec un mode de fonctionnement clair et ouvert à toutes et tous.

Reflet de nos engagements, la revue Offensive avait surtout l’ambition « de contribuer au renouvellement de la critique libertaire », pour interroger des clichés de nos milieux révolutionnaires, questionner le « sens commun » des milieux radicaux, prendre le contrepoint d’évidences un peu trop évidentes… Grain de sable pour faire penser, outil à faire réfléchir, écho de luttes et d’alternatives, Offensive souhaitait interpeller au-delà du petit milieu, pour s’ouvrir à d’autres. Et ce, grâce à une exigence de qualité sur le fond comme sur la forme.

Nous ne sommes pas les mieux placé-e-s pour tirer le bilan de tout ça, et nous nous garderons bien de dresser un tableau élogieux de notre parcours, de nos plus belles idées et réalisations. Nos productions écrites restent les témoignages de notre travail.

En revanche, nous constatons aujourd’hui, à l’heure où Offensive ferme boutique, que les militantes et militants qui sont investi-e-s ou se sont investi-e-s dans l’OLS ressortent avec des convictions, des engagements… Loin de tuer nos envies révolutionnaires – comme peut opérer parfois la lourdeur des organisations – l’OLS a ouvert nos appétits ; même si ces envies de changement nous mènent aujourd’hui dans des directions différentes et parfois discordantes.

C’est aussi ce constat qui a conduit à éteindre notre projet. Là où nous étions plus à tâtons au début des années 2000, prêt-e-s à explorer mille sentiers nouveaux, à engager le débat sans relâche, les avis des un-e-s et les opinions des autres se sont affirmés, et donc les contradictions se sont faites plus tranchantes dans le même temps. Aujourd’hui, la lassitude a gagné, la dynamique de notre groupe et le désir de faire ensemble ne rencontrent plus nos aspirations personnelles. Cela a contribué à affaiblir la revue, à la rendre moins mordante, moins en décalage, et donc à rendre nos apports plus pauvres.

Malgré des retours favorables, des abonné-e-s en nombre ainsi que des lecteur-rice-s toujours assidu-e-s, nous avions décidé il y a un peu plus d’un an de faire une pause. Un désaccord profond sur le contenu d’un dossier sur la violence avait révélé d’autres oppositions. Nous en avons ici relevé quelques-unes :

  • Autour de la critique de la société industrielle : Comment faire pour que la critique anti-technologique ne verse pas dans une mythification du passé ? Peut-on alimenter les valeurs que nous souhaitons défendre en s’appuyant sur le passé ? Nommer le mouvement anti-industriel de réactionnaire est-il un moyen de le disqualifier pour esquiver les questions qu’il soulève ? L’émergence des nouvelles technologies appauvrit-elle les luttes, les engagements au profit d’un militantisme du zapping, plus éphémère ?
  • Sur le féminisme : Le féminisme peut-il faire l’impasse sur la déconstruction du genre ? Peut-on lutter contre les dominations sans déconstruction ? L’idée de déconstruction conduit-elle inévitablement à nier toute idée de nature ? Les luttes pour la libération sexuelle ne contribuent-elles pas à véhiculer des valeurs qui sont celles du néolibéralisme ?
  • À propos de la famille : La famille peut-elle être une réponse au délitement des liens sociaux et des solidarités et un espace de résistance au capitalisme ? Ou ne reste-t-elle qu’une institution patriarcale qui socialise aux normes dominantes ?
  • Sur l’autorité : La position d’expert, de spécialiste doit-elle être systématiquement l’objet de méfiance ? Est-il indispensable que des militants développent des savoir-faire et des connaissances spécifiques pour nourrir les luttes ? Peut-on faire autorité sans être autoritaire ?
  • À propos de la violence : La violence des oppresseur-se-s peut-elle être utilisée à son tour par les opprimé-e-s pour s’émanciper ? Peut-on se contenter de la non-violence ? Toute violence sert-elle inévitablement le système capitaliste et l’Etat ? Est-ce que la violence des dominé-e-s exercée contre celle des dominant-e-s peut être l’objet de critique ?
  • Autour de l’identité et de l’universalisme : La multiplication des identités ne brouille-t-elle pas la perception qu’on a des rapports de domination ? Cette atomisation des identités ne risque-t-elle pas de participer de la déstructuration du tissu social, des solidarités ? Les luttes sociétales (comme le féminisme, l’antiracisme…), que l’on dit plus facilement récupérables par le pouvoir, doivent-elles pour autant passer au second plan ? Situer d’où on parle est-il primordial pour lutter et penser ensemble ? Peut-on lutter ensemble sans partager certaines valeurs communes ?

Cette fois-ci, nous n’avons pas réussi à construire du commun à partir de ces questions, à tourner et à retourner ces désaccords en réflexion pertinente comme vous avez pu le lire parfois dans Offensive. Nos pratiques et nos modes d’action communs ont aussi pâti de ces oppositions. Et l’arrêt momentané de publication n’a pas conduit à produire de nouvelles envies, mais a, au contraire, agrandi les fissures qui étaient peu à peu apparues dans notre collectif. Certains et certaines se sont même mis-e-s en retrait ou retiré-e-s de l’élaboration collective.

Nous décidons donc d’arrêter l’aventure, avant que l’aventure ne nous arrête. Ce clap de fin est celui de l’OLS et non pas de nos désirs révolutionnaires et libertaires pour une société « fondée sur la solidarité, l’égalité sociale et la liberté ». En 2014 encore, tout comme en 2003, il nous apparaît nécessaire de s’organiser pour résister. « La lutte continue » pour nous, comme pour tant d’autres.

Offensive Libertaire et Sociale, décembre 2014

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Construire l’autonomie

Construire l’autonomie. Se réapproprier le travail, le commerce, la ruralité

Éditions l’Échappée, 2013, 336 pages, 14 euros (ISBN : 978-29158307-2-9)


 Ce livre, publié aux éditions l’Échappée reprend les dossiers des numéros :

Le travail, quel sens ? (n°25)

Un commerce sans capitalisme (n°17)

Nous voulons la terre ! (n°22)

Précarité pourquoi ? (n°27)

Il est précédé d’une préface « Construire l’autonomie ».


Que ce soit pour se nourrir, s’éduquer, travailler, se loger ou même désormais se rencontrer, créer, échanger ou se parler, nous dépendons des fluctuations du marché, de normes et règlements édictés par les bureaucraties d’État et d’entreprise, ainsi que d’un gigantesque appareil techno-industriel. Il n’en a pourtant pas toujours été ainsi. Pendant très longtemps, et jusqu’à une période récente, les sociétés ont reposé sur la capacité de leurs membres, artisans, paysans et ouvriers, à produire eux-mêmes leurs outils, leurs moyens de subsistance et à développer leur propre culture.

Le capitalisme, l’État et la société industrielle ont dépossédé les individus et les communautés de leurs capacités de jugement et de décision, de leurs instruments de travail et de leurs savoir-faire originaux, en bref de tout ce qui leur permettait de vivre ensemble dans une certaine harmonie et de manière autonome.

Pourtant, « soyez autonomes » est une injonction du néolibéralisme. Elle signifie : « adaptez-vous, soyez vous-même et ne comptez que sur vous ». Ce livre montre qu’au contraire, l’autonomie réelle, épanouissante, porteuse de liberté, consiste à assumer notre dépendance à la nature et aux autres, à s’appuyer sur nos capacités et celles d’autrui pour bâtir une société solidaire, une technique et une vie décentes, à la mesure des humains. Cette autonomie-là trouve écho dans les résistances et les luttes chez celles et ceux qui, sans forcément attendre le grand soir, défendent leurs modes de vie, leur savoir-faire et construisent l’utopie ici et maintenant.

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Divertir pour dominer

Divertir pour dominer

Divertir pour dominer. La culture de masse contre les peuples

Éditions l’Échappée, 2010, 256 pages, 13 euros (ISBN : 978-2-91583022-4)


Ce livre, publié aux éditions l’Échappée reprend les dossiers des numéros :

Pour une critique radicale de la télévision (n°1)

Homo publicitus (n°6)

On hait les champions (n°11)

L’horreur touristique (n°14)

Il est précédé d’une préface « Divertir pour dominer » et d’un préambule « L’idéologie pavillonaire ».


Le développement de la culture de masse a entraîné l’érosion des formes autonomes de culture populaire et la dissolution des liens sociaux au profit d’un monde artificiel d’individus isolés, fondement de la société de consommation.

Le capitalisme ne peut donc être réduit à un système d’exploitation économique, il représente un « fait social total ». Il ne tient que sur l’intériorisation d’un imaginaire et grâce au développement d’une culture du divertissement permanent. Cette

uniformisation des comportements et des aspirations se présente comme l’affranchissement de toutes les contraintes (sociales, spatiales, temporelles, etc.).  Survalorisée et triomphante, la culture de masse (séries américaines, nouvelles technologies, football, jeux vidéos, etc.) trouve des défenseurs même chez les intellectuels dits contestataires. Il est donc urgent et nécessaire de mener une critique intransigeante du mode de vie capitaliste et de démontrer comment notre civilisation du loisir participe à la domestication des peuples.

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Offensive n°38

Offensive n°38, novembre 2013

Sommaire

– Universités, une autre guerre en cours
– Troubles dans le monde de l’autisme
– Ghana, poubelle électronique de l’Occident
– Occuper les usines, le caractère des grèves de 1936
– Pour un chauffage urbain juste et solidaire !
– Aux États-unis, un réseau contre le gaz de schiste
– Exils, mémoire de la révolution espagnole
– Cirque de femmes : équilibres en tout genre
– Livres, musique, arts vivants-ciné

Mini-dossier « Pourquoi les technologies nous posent-elles toujours problème ? »

Le déferlement technologique modèle notre société et nous ne pouvons plus l’analyser sans en tenir compte. Pilier de l’économie moderne, la technologie est un moteur du capitalisme. La production subit de plein fouet la rationalisation techno-libérale, qui tend à accélérer ses cycles. Dans une perpétuelle course à la nouveauté, on produit toujours plus vite des marchandises industrielles fonctionnant avec toujours plus d’électronique. L’automatisation et l’informatisation des processus de production scellent la prise de pouvoir des ingénieurs et de leurs machines. Beaucoup de métiers sont déqualifiés et se font de plus en plus derrière un écran, quand ils ne disparaissent pas simplement. Les savoir-faire des artisans deviennent inutiles, et les tâches confiées aux ouvrier-e-s sont toujours plus simples et morcelées. À l’extrême, la production industrielle semble pouvoir se satisfaire de n’employer que des informaticiens et des manutentionnaires.

Cette informatisation continue des différents métiers, ainsi que la nécessité d’écouler la kyrielle de nouveaux objets électroniques et technologiques produits, a encouragé leur diffusion massive. Après avoir envahi les lieux de travail, la possession d’un ordinateur connecté à internet et d’un téléphone portable est devenue une norme. Ce qui ne va pas sans bouleverser nos comportements et nos relations sociales. Fonctionnant sur l’idée de dématérialisation, avec l’instantanéité comme dogme, ces technologies engendrent un zapping permanent qui tend à délégitimer toute idée d’engagement sur la durée. Ce qui se répercute jusque dans nos pratiques militantes : si les informations, voire les idées, se diffusent plus rapidement, on consacre moins de temps à s’organiser et s’engager socialement, pour analyser, partager ces idées, et les transformer en actes. On peut se demander si les natives et natifs du numérique en seront toujours capables.

Depuis dix ans que nous analysons et critiquons l’asservissement par les technologies – nucléaires, numériques ou encore celles issues du génie génétique –, le phénomène s’est accéléré et l’on peut aujourd’hui parler d’emprise numérique.Ce phénomène est induit par le déploiement de l’Internet à haut débit, l’apparition du Wi-Fi et la multiplication et la diffusion massive des moyens de se connecter au réseau Internet (Smartphone, tablette, etc.). Conjointement au développement de capacités de stockage faramineuses, ces possibilités d’accès permanent et en tout lieu alimentent le rêve des États et des entreprises d’un contrôle total par la surveillance et la mise en chiffres intégrale de la réalité, y compris de nos comportements. Mais la possibilité de se connecter en permanence, notamment à travers l’usage généralisé d’appareil mobiles, pose un problème en soi. Les fanatiques de l’innovation évoquent l’“ idéal ” du cyborg ou l’humanité augmentée et, au-delà, l’idéologie transhumaniste. Force est de constater qu’une partie de l’humanité est déjà connectée en permanence et délègue nombre de ses capacités à des prothèses électroniques. Pour notre part, nous refusons d’être transformé-e-s en robots, en “machines humaines ”. La technologie n’est pas neutre, elle porte une logique sociale, celle du soi-disant “progrès ” technique, qui détruit nos manières de vivre, de penser et de sentir en tant qu’êtres humains.

– L’emprise technologique
– S’adapter ou lutter
– Anti-industriels, rapport d’étape

Mini-dossier « Féminisme »

Le féminisme a joué un rôle prépondérant dans la construction d’Offensive et dans nos luttes. Nous nous sommes notamment appuyé-e-s sur la notion de genre, peu répandue il y a dix ans. Persuadé-e-s qu’il nous fallait nous débarrasser des oripeaux de la féminité et de la masculinité pour pouvoir construire un futur égalitaire et émancipateur, nous n’avons eu de cesse de mettre la notion de genre, les outils de la déconstruction et ceux de la non-mixité en avant, dans le journal ou dans les collectifs dans lesquels nous nous sommes impliqué-e-s. Depuis, la notion de genre a évolué hors du monde militant et féministe. Les institutions l’ont légitimée et en ont édulcoré la teneur, monopolisant le concept et balayant toute revendication d’ordre révolutionnaire.

Le premier numéro d’Offensive paraissait dans un contexte d’institutionnalisation des revendications féministes, avec l’émergence de Ni putes ni soumises, faire-valoir du Parti socialiste. Les temps changent quelque peu mais les méthodes perdurent puisque Ni putes ni soumises, désormais coquille vide, a été remplacée par Osez le féminisme… Les luttes n’ont pas cessé même si elles ne sont pas toujours très visibles : pour défendre le droit à l’avortement, contre les images sexistes, contre l’homophobie, la lesbophobie, la biphobie et la transphobie, etc. Des modes d’action radicaux comme les marches de nuit non mixtes sont revenus au goût du jour. Les lignes de clivage féministes se sont durcies ces dix dernières années, comme on a pu le voir avec les débats sur le « voile » et la prostitution. Dans le contexte actuel de criminalisation des populations, il nous semble important de penser l’articulation du racisme et du système de domination masculine, bien que nous n’ayons pas consacré beaucoup de pages à cette question. Ce pourrait être l’un de nos futurs chantiers…

– En avoir ou pas
– Genre, l’expression du patriarcat
– À la croisée des systèmes de domination

Mini-dossier « Autonomie contre autonomie »

Au début de l’année 2013, offensive a publié avec la complicité des éditions L’Échappée un recueil de textes sur le thème de l’autonomie. Construire l’autonomie est la réédition de dossiers et de textes parus au cours de dix ans de travail éditorial. Loin de se canton ner à la seule autonomie matérielle, ces écrits venaient interroger de multiples espaces où le capitalisme s’est fait également le chantre de cette idée. Si l’autonomie pouvait donc être louée, elle était aussi l’objet de critiques.

Ainsi, dans une préface inédite, nous signalions notre refus de soutenir toutes les formes d’autonomie. Tout en prônant une «autonomie ouverte sur une transformation sociale», il nous paraissait impossible de passer sous silence le fait que l’autonomie est aussi devenue un mot/maux du libéralisme: «Du management néolibéral au “développement personnel”, on enjoint [les individu-e- s] à se réaliser eux et elles-mêmes, à inventer leur vie, à faire preuve d’initiative pour “devenir ce qu’ils sont”. Avec à la clé une fragilisa tion psychique des personnes, rendues seules responsables de leurs échecs éventuels. Car dans les faits, autonomie signifie le plus souvent adaptation. Et on ne peut guère s’adapter à un monde de plus en plus déshumanisé».

Et cette autonomie soutenue par les apologistes libéraux et autres vendeurs de bonheur sous emballage n’est pas tombée du Saint-Esprit. L’autonomie libérale, outre son propre corpus, a puisé dans les mouvements de contes tation: «De l’“entrepreneuriat punk” à la firme high tech, l’autonomie et le “do it yourself”, promus dans les années 1970-1980 comme des valeurs politiques subversives, sont devenus aujourd’hui les slogans d’un capitalisme de coproduction, voire d’autoproduction». À cet endroit-là aussi, il y avait de quoi s’interroger. De quelle autonomie parlons-nous ? Comment l’autonomie peut se perdre dans les dédales de la pensée libérale? Quand vient-elle au contraire se lover dans un désir profon dément contestataire pour penser d’autres relations sociales ?

Ce dossier «Autonomie contre autonomie», c’est l’histoire d’une opposition, qui se tord et se retord sous des sens et des formes contradictoires depuis des décennies. À travers quatre textes, ce dossier offre un prolongement à cette réflexion entamée depuis 2003 dans offensive. Chacun des articles montre à quel point l’autonomie peut prendre de multiples sens et que, justement, le sens que nous y mettons est un enjeu de la pensée révolutionnaire.

– À la recherche de l’autonomie
– L’autonomie comme table rase
– L’éducation de l’enfant dans les milieux ouvriers
– Do-It-Yourself, de Castoriadis à Castorama

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Offensive n°37

Offensive n°37, mars 2013

Sommaire

– PMA = Produire de la Maternité Automatique… ?
– Critique de la critique des médias
– Portugal : entre vent de révolte et résignation…
– Le marxisme de Paul Mattick
– Nos fermes ne sont pas des usines
– Cantagaia! Souveraineté alimentaire et organisation collectives à Séville
– Rroms : les « ennemi-e-s intérieurs » de l’Europe
– Quilombo : un lieu, des livres et des luttes
– Livre, Musique, Arts vivants, Cinéma

Dossier « (Im)mobilisation générale ! »

Le développement de la cité capitaliste continue, le zonage et la spécialisation des territoires se renforcent. Ici on produit de la carotte, là du divertissement et là-bas du traitement des déchets. La « réduction » de la durée de nos trajets, parfois quotidiens, entre deux villes modernes (avec leur traditionnel centre-ville piétonnisé où l’on consomme dans les mêmes chaînes de magasins en circulant sur les mêmes pavés) détruit une notion du temps, un rapport d’être au monde. L’accélération des transports accompagne et justifie celle de nos vies : au travail ou chez soi, l’on se retrouve avec toujours plus de tâches à faire, toujours plus vite.

À l’heure où l’enracinement, l’amélioration longue et patiente de ses conditions d’existence, la création de liens stables d’entraide et de solidarité sont combattus ou rendus quasi impossibles par le fonctionnement quotidien de la société techno- industrielle, l’immobilité peut ainsi apparaître comme une valeur révolutionnaire. La mobilité des travailleuses et des travailleurs ainsi que des touristes est continuellement valorisée, voire imposée, mais de nombreuses contraintes à l’immobilité existent également. Les personnes sans papiers ou les travailleuses et les travailleurs migrant-e-s ne le savent que trop bien. Pour certains emplois, elles et ils sont assigné-e-s à résidence, ou leur passeport leur est confisqué à leur arrivée dans le pays exploiteur. Les femmes, que l’on a voulu assigner à l’espace privé, subissent également des contraintes dans leurs déplacements du fait de la violence masculine intrinsèque au système patriarcal.

Contre l’idéologie libérale de la circulation massive des marchandises, y compris humaines, contre l’étalement urbain et le triomphe de la bagnole, contre la grande vitesse et ses destructions, il ne s’agit pas de refuser en bloc toute perspective de déplacement, mais de retrouver la pleine et entière maîtrise de notre mobilité. La relocalisation et le questionnement sur l’utilité sociale et écologique de nos activités, l’immobilité choisie, la pratique de l’auto-stop, du vélo ou de la marche sont des pistes à creuser pour arrêter de circuler toujours plus vite et plus souvent, d’un lieu d’exploitation-consommation à un autre.

– Bouger sans être mobile
– Lutter contre la grande vitesse
– De la mobilisation totale à la dislocation sociale
– Les villages d’insertion : une fabrique d’immobilités productives
– Des femmes et de la mobilité
– Ces transports qui nous laissent à notre place
– Quelle fin pour la société automobile ?
– S’organiser pour frauder. Retour sur une expériences toulousaine
– De l’ayraulport à la ZAD, à la recherche d’autres mobilités !
– Puissance de l’auto-stop. Voyages et révolution

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Offensive n°36

Offensive n°36, décembre 2012

Sommaire

– Frontex ex Machina
– L’emprise numérique : comment Internet et les nouvelles technologies ont colonisé nos vies
– Crack ! « Nous sommes la crise »
– bell hooks : choisir les marges comme espace d’ouverture radicale
– Reclaim the fields! Nous voulons la terre
– Luttes féministes en Afrique
– Manifestement communiste
– L’Utobus : une médiathèque sociale itinérante
– Livres, Musique, Arts vivants, Cinéma

Dossier « Russie : du rouge au noir »

Le développement de la cité capitaliste continue, le zonage et la spécialisation des territoires se renforcent. Ici on produit de la carotte, là du divertissement et là-bas du traitement des déchets. La « réduction » de la durée de nos trajets, parfois quotidiens, entre deux villes modernes (avec leur traditionnel centre-ville piétonnisé où l’on consomme dans les mêmes chaînes de magasins en circulant sur les mêmes pavés) détruit une notion du temps, un rapport d’être au monde. L’accélération des transports accompagne et justifie celle de nos vies : au travail ou chez soi, l’on se retrouve avec toujours plus de tâches à faire, toujours plus vite.

À l’heure où l’enracinement, l’amélioration longue et patiente de ses conditions d’existence, la création de liens stables d’entraide et de solidarité sont combattus ou rendus quasi impossibles par le fonctionnement quotidien de la société techno- industrielle, l’immobilité peut ainsi apparaître comme une valeur révolutionnaire. La mobilité des travailleuses et des travailleurs ainsi que des touristes est continuellement valorisée, voire imposée, mais de nombreuses contraintes à l’immobilité existent également. Les personnes sans papiers ou les travailleuses et les travailleurs migrant-e-s ne le savent que trop bien. Pour certains emplois, elles et ils sont assigné-e-s à résidence, ou leur passeport leur est confisqué à leur arrivée dans le pays exploiteur. Les femmes, que l’on a voulu assigner à l’espace privé, subissent également des contraintes dans leurs déplacements du fait de la violence masculine intrinsèque au système patriarcal.

Contre l’idéologie libérale de la circulation massive des marchandises, y compris humaines, contre l’étalement urbain et le triomphe de la bagnole, contre la grande vitesse et ses destructions, il ne s’agit pas de refuser en bloc toute perspective de déplacement, mais de retrouver la pleine et entière maîtrise de notre mobilité. La relocalisation et le questionnement sur l’utilité sociale et écologique de nos activités, l’immobilité choisie, la pratique de l’auto-stop, du vélo ou de la marche sont des pistes à creuser pour arrêter de circuler toujours plus vite et plus souvent, d’un lieu d’exploitation-consommation à un autre.

– La Russie : notre passé, notre avenir?
– Les révolutionnaires contre le « fascisme rouge »
– De l’URSS à la fédération de Russie : notes sur une reconquista dévastatrice
– Tchétchénie : manipulation, terreur, crimes et châtiments
– Le retour du KBG
– Travailleurs, travailleuses…
– Le lac Baïkal, un espace de résistance
– JO 2014 : blanc comme neige, vert comme dollar
– Les libertaires en Russie
– Le mouvement « anti-Poutine »

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Offensive n°35

Offensive n°35, septembre 2012

Sommaire

– L’occupation du « 260 ». Se loger, s’organiser
– L’écologisme radical des « villes en transition »
– La tentation de l’humour sexiste
– Examen critique des idées de révolution et de progrès
– Le comité des sans-papiers du Nord
– Construction de pratiques d’auto-gouvernement en Colombie
– Oublier Fukushima
– Pesci Piccoli : un réseau pour provoquer des moments culturels différents
– Livres, Musique , Arts vivants, Cinéma

Dossier « Prolétariat, affaire classée ? »

Depuis plusieurs décennies, la conflictualité entre les classes sociales, ensommeillée par la fable libérale, connaît un processus d’invisibilisation. À tel point que, pour beaucoup, n’apparaissant plus, elle n’aurait plus de raison d’être aujourd’hui. Nous vivrions donc toutes et tous dans une sorte de grande classe moyenne en voie d’universalisation qui réussirait à gommer les différences et les antagonismes. Nous serions toutes et tous des éléments plus ou moins indifférenciés dans la société, évoluant selon des besoins et des buts « génériques » orientés par la pente « naturelle » du « Progrès » (bien-être matériel garanti par la consommation, inscription dans un projet professionnel/de vie, épanouissement personnel par des voies diverses et variées…). L’antagonisme de classes ne subsisterait, et encore de manière résiduelle, que comme un vestige du temps de l’industrialisation, de la formation et du développement de la classe ouvrière – laquelle a longtemps eu le monopole de la figure du prolétaire. Ainsi, le déclin du monde ouvrier marquerait la disparition du prolétariat et de la lutte de classe. Dans un monde pacifié par les lois du marché, il n’y aurait plus, à proprement parler, de classes sociales aux contours bien dessinés, plus de luttes de classe nécessaires, et donc plus de prolétaires ou de prolétariat pour transformer le monde.

Dans le même temps, les milieux militants (depuis l’extrême gauche parlementaire jusqu’à certains groupes autonomes) parlent encore de lutte de classe et de prolétariat. Mais qu’entendent-ils par là ? Ces concepts, qui ont une longue histoire, sont-ils toujours opérants aujourd’hui ? La figure du prolétaire renvoie-t-elle à celle de l’ouvrier ? S’agit-il de conditions objectives de vie ou de rapports de force existants ? Fait-on référence au sujet actif de la marche de l’histoire, s’il en est un ? Suppose-t-on d’emblée une unité des prolétaires ou envisage-t-on une multiplicité des figures prolétariennes ? Il ne s’agit pas de pinailler sur les termes mais bien de tenter d’appréhender la ou les façons dont l’antagonisme de classe s’incarne aujourd’hui. Y parvenir pourrait nous permettre de mieux comprendre ce qui se joue dans les luttes actuelles.

– La formation du prolétariat entre mythe et histoire
– Occupy ou la fin du chacun-e pour soi
– Les indignés s’invitent dans la lutte de classe
– Sans nécessité ni raison
– De la petite bourgeoisie aux classes moyennes
– Prolétaires automates, sortez de la matrice !
– L’esclavage de l’âme. Difficile résistance dans les centres d’appels
– Prolétaires de tous les pays, qu’êtres-vous devenus ?
– La révolution sans le prolétariat ? Du clivage de classe dans les collectifs radicaux
– Catégorie de sexe et luttes de classes
– Des écarts et des efforts. Pour le libre épanouissement de tou-te-s et de chacun-e

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Offensive n°34

Offensive n°34, juin 2012

Sommaire

– La peste brune s’installe…
– Sport, jeu ou activité physique ?
– Jusqu’au bout de l’effort. Quand le sport tue
– Un projet nuisible nommé Ulcos
– Le cas Bonnot
– En quête d’autonomie. Autour du mouvement des chômeurs et précaires en lutte de Rennes
– Contre la violence masculine, néolibérale et guerrière au Mexique
– Contre les publicités sexistes
– Le CREA, centre social autogéré à Toulouse
– Livres, Musique , Arts vivants, Cinéma

Dossier « L’info en lutte(s) »

L’information est partout. Omniprésente dans nos vies, elle contribue à façonner nos représentations du réel et nous aide à agir sur le monde. Or, quand on évoque ce mot, on pense inévitablement à la matière que produisent et diffusent les médias de masse. La machine médiatique, qui exerce son hégémonie sur l’espace public, utilise l’information comme un moyen de soumission à l’ordre social. S’il est indispensable de se libérer de son emprise (saboter la machine, analyser et critiquer les discours médiatiques), il ne faudrait pas en rester là. D’autres pratiques s’inventent et se créent, au service des résistances, des luttes et du changement social.

En effet, bien conscient-e-s que nous vivons dans une société saturée d’informations, et même si la marge de manoeuvre peut paraître réduite, il est important d’investir l’information comme champ d’action en repensant en profondeur notre rapport à celle-ci. En politisant nos pratiques et nos réflexions, en défendant une information émancipatrice et autonome, un large champ d’expérimentations s’offre à nous. Car l’information est un enjeu de lutte et un enjeu au sein des luttes. Il est indispensable de ne pas en laisser le contrôle aux dominants et de se doter de ses propres « médias » pour (se) mobiliser, (se) coordonner, et relayer de manière autonome les informations utiles. Pour cela, nous voulons soutenir et faire vivre une pluralité de pratiques et de supports (vidéo, radio, journaux, sites Web…) qui fonctionnent en lien, en réseau et en solidarité les uns avec les autres. L’engagement sur le front de l’information est un acte politique.

Contrairement aux petits soldats du journalisme qui affichent une neutralité de façade et se tiennent à distance de leurs sujets, nous assumons et revendiquons notre subjectivité et notre appartenance au camp des minorités, des opprimé-e-s et des résistant-e-s. Pour faire de l’information autrement, il nous faut donc rejeter les postures d’expert-e-s et de spécialistes, casser le rapport vertical du savoir descendant, défendre « le faire avec » en lieu et place du « faire à la place de », agir depuis « l’intérieur » des luttes, sur le terrain et au contact, pour accompagner, (s’)encourager et (se) donner de la force. Un processus qui reste indissociable de nos perspectives révolutionnaires

– Politiser l’information
– Faut-il nous expliquer comment tourne le monde ? Entre illusion et illusion et désillusion médiatique
– En finir avec le journalisme
– « Jusqu’ici », un média dans la lutte
– Plaidoyer pour une information locale de qualité
– Pourquoi Offensive ?
– Redécouvrir l’enquête « ouvrière »
– Faire de l’écriture collective une force d’émancipation
– Ne m’informe pas, je m’en charge !
– Indymedia, un média de lutte à l’heure du web participatif ?
– Primitivi,une expérience de vidéo-activisme

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Offensive n°33

Offensive n°33, mars 2012

Sommaire

– La cage et le marché. Notes sur la récente réforme de la psychiatrie
– Le masculinisme, une arme de guerre contre les femmes
– Mayotte, ou le vrai visage de la République coloniale
– Le manifeste d’une nouvelle école de la pensée sociale
– Féministes !
– Le mouvement du 15-M en Espagne
– Histoire populaire des sciences
– La conquête du pain, une boulangerie bio autogérée
– Livres, Musique , Arts vivants, Cinéma

Dossier « Art, la fabrique du social »

L’art fabrique du social en peuplant nos vies de choses à sentir et penser en commun ; il bâtit les identités (quitte à s’en jouer), façonne les cultures, construit le collectif. Mais s’il produit du social, il est lui-même un « produit social » en ceci qu’il est déterminé par les idéologies dominantes, les institutions qui régulent sa pratique, et les formes d’économie dans lesquelles il s’insère. En outre, la pluralité de ses auteurs comme de ses publics (qui ne sont pas toujours les mêmes) se traduit aujourd’hui par une multiplicité des pratiques et des champs artistiques : l’art dit « contemporain », les arts vivants, mais aussi les arts populaires, les arts appliqués ou décoratifs, l’art amateur, etc. C’est à un état des lieux de cette situation polymorphe qu’il faut se livrer aujourd’hui si l’on veut porter sur l’art un regard à la fois sensible et politique.

L’attitude récurrente des mouvements révolutionnaires, convergeant en cela avec les avant-gardes artistiques du XXe siècle, a été de contester non seulement le monopole de la bourgeoisie et des classes privilégiées sur l’art, ainsi que l’émergence d’un art contemporain d’État via les subventions publiques et les aides à la culture, mais aussi les séparations maintenues entre l’art et la vie quotidienne, les artistes et les gens ordinaires. Toutefois cette critique
a peut-être rencontré ses limites aujourd’hui, et tout en reconnaissant la validité persistante de certains de ses arguments, il est nécessaire d’examiner les points sur lesquels elle est devenue caduque, ou les angles morts qu’elle a laissé subsister. Quand la volonté d’être politique ne laisse à l’art que l’alternative entre une posture impuissante de dénonciation et le narcissisme de celle qui prétend faire de sa vie une œuvre d’art ; quand le règne d’Internet et des nouveaux médias est aussi celui des pratiques artistiques dites « amateur »
ou « populaires », qui se bornent à mimer les gimmicks et les stéréotypes de la culture de masse ; quand les contestations du régime étatique de financement des arts accompagnent leur libéralisation concrète : il nous faut affiner nos analyses, mettre à jour notre critique.

Marchandisation, domination masculine, fétichisme des nouvelles technologies… : finalement, l’art apparaît aujourd’hui comme cerné de toutes parts. C’est notre capacité de ressentir, d’imaginer un autre ordre du monde et d’intervenir dans le réel pour le faire advenir, qui est menacée. Que l’art comme espace de domination puisse encore être repolitisé et transformé en champ d’expérimentation et de bataille sociale, c’est ce qu’il faut espérer et ce à quoi il faut œuvrer.

– Quel art pour quelle société  ?
– L’art du marché
– L’art contemporain en proie aux nouvelles technologies
– Un espace de domination masculine
– Quand l’art est le faire-valoir de l’État
– À la recherche d’un art social
– Art et/ou politique
– Sculpture, l’art des solitudes peuplées
– L’art comme résistance à l’art
– Cinéma, la révolution argentique
– À voix hautes, paroles de femmes
– L’improvisation, une pratique libertaire
– Contre le design, retrouvons les arts du faire
– L’art dans quel sens ?

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[Numérisation réalisée grâce au CRAS de Toulouse]

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